L’Angélus fait revivre la musique cajun

L’Angélus fait revivre la musique cajun

Le groupe de musique cajun L’Angélus vient de sortir un nouvel EP, un peu plus américain que d’habitude, mais c’est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir cette musique cajun et l’héritage culturel français dans le sud des États-Unis.

La famille Rees : Stephen, Katie, Johnny et Paige forment L’Angélus.

La famille Rees : Stephen, Katie, Johnny et Paige forment L’Angélus.

L’Angélus, c’est au départ l’histoire d’une famille de Lafayette (Louisiana), la capitale du « pays cajun ». C’est leur père qui va introduire la musique dans le clan Rees en offrant une guitare à sa femme, Linda Rees. Toute la famille se mettra quelques années plus tard à la chanson autour d’un premier groupe, « Linda, Lou and the Lucky Four » qui va débuter des tournées. Puis Linda arrête, et plusieurs de ses enfants débutent sous le nom de L’Angélus, un groupe au nom marqué par ses racines française et catholique comme l’est la Louisiane. Aujourd’hui ils sont quatre « Rees » a composer le groupe : Katie, 28 ans, qui joue de la guitare ; Paige, 27 ans, est à la basse ; Johnny, 26 ans, est derrière la batterie, et Stephen, 24 ans, est le violoniste fou du groupe, mais aussi saxophoniste ou harmoniciste. Katie, Paige et Stephen sont chanteurs à tour de rôle en fonction des morceaux, mais ils ont tous trois une voix très rock et très swing, qui s’exprime bien souvent en français avec le très spécifique accent cajun.

L’Angélus est un groupe très festif et vivace mais, fidèles à leurs racines et engagements, ils ont aussi enregistré des morceaux religieux, dont un bel album de chants de Noël de Louisiane.

Paige Rees

Paige Rees

Rencontre avec Paige Rees !

http://www.langelus.com
https://www.facebook.com/langelusband

LE COURRIER DE FLORIDE : Est-ce que le Français – en tant que culture et langage – est toujours très important dans le sud-ouest de la Louisiane ?

PAIGE REES :  Absolument ! Même s’ils ne parlent pas français, la plupart des habitants du sud-ouest a une forte identité liée à l’héritage Acadien, et ils sont très fiers de leurs racine. Ca se voit dans la cuisine qu’ils choisissent de manger, la musique qu’ils écoutent et le style de danses qu’ils apprécient ; la plus traditionnelle expression de piété et de dévotion du Vieux-Monde, qui est partie intégrante de leur foi ; mais aussi les liens qui les unissent.

 

LE C.D.F : Que pourrait-il être fait pour sauver la langue française dans cette partie des Etats-Unis ?

P.R : P.R : Je pense que les écoles en immersion font beaucoup pour faire revenir la langue au sein des jeunes générations. La musique traditionnelle aide aussi a garder vivants les expressions et idiomes – qui sont uniques au peuple cajun – dans leur vocabulaire.

 

LE C.D.F : Et vous, la famille Rees, quelles sont vos origines françaises ?

P.R : Mon arrière grand-mère est une Broussard. Quant à « Rees », c’est un nom Gallois qui existe à Breaux-Bridge (Louisiane) depuis aussi longtemps que les Acadiens. Mon premier ancêtre venant de Galles est arrivé en Pennsylvanie dans les années 1700. Son fils John s’est marié avec Anastasia Guidry, la fille de Pierre Guidry, l’un des premiers propriétaires fonciers acadiens de Louisane. Il a migré de Pennsylvanie à Breaux-Bridge en 1770, et le nom de Rees s’est marié depuis lors aux descendants des Acadiens français.

 

LE C.D.F : Quels sont les artistes cajuns qui ont le plus influencé votre style ?

P.R : Steve Riley and the Mamou Playboys, Geno Delafosse and French Rockin’ Boogie, Beausoleil, et Zachary Richard.

 

LE C.D.F : Avez-vous été obligés de partir à Nashville-Tennessee en raison de votre carrière musicale ?

P.R : Habiter à Nashville nous a aidé à porter vers une plus large audience notre Louisiana-influenced style de musique.

 

LE C.D.F : Allons-nous avoir bientôt un disque LP de L’Angelus ?

P.R : Oui, mais comme vous le savez, we take a long time to get to things !

 

LE C.D.F : Et un tour de France ?

P.R : Nous avons joué à Paris, et dans une petite ville du sud-ouest dénommée Maylis. Juste assez pour nous ouvrir l’appétit : nous aimerions beaucoup faire un tour de France !

 

LE C.D.F : Combien de concerts donnez-vous par an ? 

P.R : Généralement une  bonne centaine.

 

LE C.D.F : Et viendrez-vous en Floride en 2014 ?

P.R : Nous avons arrêté une date en novembre prochain à Venice !

D’autres vidéos de L’Angelus :

Leurs derniers morceaux enregistrés en novembre sont en anglais :
  
PUBLICITE

PUBLICITE

  

LA MUSIQUE CAJUN :

Tout d’abord voici l’origine du mot « cajun » : au départ ce sont les « Acadiens » (du Québec), qui arrivent en nombre en Louisiane en 1755. Les anglophones ont un peu du mal avec le mot « acadien » et ils le prononcent « cadien » ou « cajun ». Les deux termes étant utilisés désormais pour définir la culture et la musique de Louisiane. En Français on dira plutôt « Cadien » et en anglais « cajun ». En tout cas, c’est la même chose !

Ces populations vont mélanger leurs mélodies en provenance du Québec avec d’autres musiques populaires des Etats-Unis. Celle des populations blanches est celle qu’on nomme « cajun », et celles jouée par les noirs, comprenant plus d’accordéon, est spécifiquement dénommée « Zydeco », un terme qui viendrait de la chanson Zydeco son pa salée (« les haricots sont pas salés »). Voilà pour la théorie, car dans la pratique, il est parfois difficile de discerner la musique cajun du zydeco, certains groupes ayant des influences très mélangées, convolant parfois en juste noces avec des ritournelles country.

Il fallut attendre plus d’un siècle pour qu’en 1828 soit enregistré le premier morceau de musique cajun, « Allons à Lafayette », par les époux Joe Falcon et Cléoma Breaux.

En 1946, l’enregistrement de « Jolie Blonde » par Harry Choates devint un tube national dans un pays où l’héritage français n’était pas encore totalement limité à la Louisiane, mais bien présent dans les Etats frontaliers du Québec. « Jolie Blonde » est d’ailleurs sans doute la plus connue des chansons cajun.

Alors que la langue française – parlée par la moitié de la population de Louisiane au milieu du XXe siècle – commençait à décliner face à l’invasion de la culture télévisée, les cultures d’origine francophones (aussi bien créoles que cajun) ont connu ce qui a été qualifié de « revival » à partir des années 1960, et une créativité qui n’a jamais cessé depuis lors (même si la pratique du français s’est dramatiquement effondrée). Parmi les très nombreux groupes des années 1960, il est possible de citer les Balfa Brothers comme étant parmi les plus connus.

Le Zydeco plonge pour sa part dans des racines plus anciennes encore, mais le premier enregistrement date de 1949. Le plus éminent représentant de cette musique fut Clifton Chénier. Lui et son frère ont inventé « la planche à frotter » : l’instrument musical constitué d’une planche à laver métallique accrochée autour du cou.

Outre L’Angélus, on peut citer comme groupes ou chanteurs en activité : Cory McCauley, Jason Frey, Mitch Reed and Randy Vidrine, Balfa Toujours, Ray Abshire, the Lost Bayou Ramblers, the Pine Leaf Boys, Chris Miller…

Paige Rees conseille pour sa part Zachary Richard, Steve Riley and the Mamou Playboys, Feufollet, Lil Band O Gold (qui est plus swamp pop que Cajun), Balfa Toujours, Geno Delafosse and French Rockin’ Boogie, Beausoleil…


Related Articles

2 comments

Write a comment
  1. john
    john 14 novembre, 2016, 23:08

    Que peut on dire? Des Bretons New Yorkais et des Ecossais francais!

    Reply this comment

Write a Comment

Laisser un commentaire

Nous avons besoin d’amourrrrr !

Un like sur Facebook, c’est très important pour la presse indépendante

Vous pouvez le faire ci-dessous.   MERCI A VOUS !