L’avortement enjeu majeur de l’élection américaine

L’avortement enjeu majeur de l’élection américaine

L’un des aspects stratégiques les plus importants pour les partis politiques lors d’une campagne électorale, c’est de maîtriser le « terrain » de l’élection. Pour celle de 2004 par exemple, George W. Bush avait entraîné John Kerry sur les thèmes de la guerre contre le terrorisme et de la morale (dont l’avortement), et le candidat Démocrate n’avait pas su rendre populaires ses thèmes de prédilection auprès des médias et du grand public.

S’il est impossible pour un candidat Républicain de ne pas avoir une position ferme, ostentatoire, et hostile à l’avortement, sans risquer de perdre la base de l’électorat, en 2016, ce sont néanmoins des événements indépendants des candidats qui amènent l’avortement au centre des débats. Ce qui n’est pas forcément pour leur déplaire.

Un jeune homme de 26 ans, David Daleiden, n’y est d’ailleurs pas pour rien. Circonspect sur l’organisation du Planning Familial (association qui gère les avortements et contribue aux recherches scientifiques dans ce domaine), Daleiden a décidé d’infiltrer l’organisation afin de filmer en caméra cachée ses responsables. La préparation de cette opération a pris deux ans et demi à David Daleiden, notamment afin de se créer une fausse identité et activité : une oeuvre de charité « pour la biomédecine » dénommée « le Centre pour le Progrès Médical ». Le résultat de son enquête à subjugué l’Amérique, au point où on en oublierait presque l’incroyable organisation « undercover » qu’il a mis au point. Néanmoins, le résultat montre des responsables du Planning Familial discuter du remboursement de dons d’organes et de tissus provenant d’embryons avortés. Le résultat a été immédiat : une nausée profonde des américains, et des exigences des Républicains. Le blocage du budget fédéral par le Congrès cet hiver venait de là : les Républicains exigeaient du président Obama qu’il cesse de financer le Planning Familial avec des fonds publics. Autre conséquence, le 27 novembre un militant pro-vie a attaqué un centre du Planning Familial de Colorado Springs, et tué 3 personnes dont un policier. Il aurait dit après son arrestation : « Plus jamais de bébés démembrés« . Les « pro-vie » ont aussi bien condamné cet acte que les « pro-choix » et même le président Obama qui s’est exclamé « Enough is enough ! » (à propos des meurtres de masse). Mais pour le coup ces meurtres ont donné l’occasion aux associations « pro-choice » de contrattaquer afin de défendre le Plannig Familial.

Le mois de janvier est dans plusieurs capitales du monde le moment des « Marches pour la vie » (notamment Washington et Paris), et elles seront aux USA l’occasion de démontrer leurs forces pour les opposants à l’avortement. Mais un autre événement devrait également placer cet enjeu aux centres des débats : pour la première fois depuis 20 ans, la Cour Suprème des Etats-Unis a accepté de juger cette année un dossier très important sur le sujet. Il concerne une loin de l’Etat du Texas que ses opposants jugent anticonstitutionnelle. La loi HB2 date de 2013, et elle oblige les centres d’avortement à remplir un nombre de critères assez contraignants : de 41 centres avant la loi, il n’en reste plus que 18 aujourd’hui, et d’autres ont prévu de fermer si la loi passait. L’Etat du Texas est accusé par ses opposants de contourner la loi fédérale (l’obligeant à laisser réaliser les avortements) en en rendant la pratique quasi-impossible.

Ces différents points vont donc rendre incontournable de nombreux débats sur le sujet durant la campagne présidentielle.

« Pro-Life », « Pro-choice » Quesaco ?

Pour les plus jeunes qui n’ont pas connu les débats sur ce thème : depuis les années 1960, il y a d’une part les « pro-life » qui pensent que la vie humaine doit être respectée depuis sa conception, et sont en conséquence opposés à l’avortement, et les « pro-choice » qui pensent qu’il revient aux personnes concernées de choisir si elles doivent recourir à un avortemtent. Le dernier sondage Gallup d’octobre 2015 donne une majorité aux pro-choice (49% contre 44% pour les pro-life), mais d’une année sur l’autre les sondages s’inversent, et les Américains restent très divisés sur le sujet. Traditionnellement, les candidats Démocrates sont pour leur part « pro-choice », ce qui ne les empêche pas d’être à titre individuel très souvent opposés à l’avortement, ce qui était le cas par exemple de John Kerry. Hillary Clinton ne semble pas pour sa part avoir fait part de sa position personnelle, mais elle est militante « pro-choice », tout comme son concurrent Démocrate Bernie Sanders.

 



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Qu’est-ce que la “Green Card” ?

On en parle tout le temps. La “Green Card” reste encore pour beaucoup de personnes, en Europe et ailleurs, une sorte de « Saint-Graal » : un objet à conquérir. Il s’agit évidemment d’un moyen de rester aux Etats-Unis, tout le monde semble savoir cela. Il suffit d’avoir vu le film portant le même nom où Gérard Depardieu participe à un mariage blanc (au début au moins) dans l’unique but de rester aux USA. Et pour illustrer la durabilité du ce mot, Green Card, le film est sorti il y a déjà 25 ans !

En effet, la “Green Card” c’est un type de visa aux Etats-Unis, un visa de résident permanent. On peut comprendre par cela un « visa d’immigré ».

Ce sobriquet de « Green Card » remonte dans l’histoire à une époque où, sans doute, ce genre de visa se manifestait par l’émission d’une carte imprimée sur un papier vert. Visiblement, pourtant, la « Green Card » à l’heure actuelle n’est plus forcément verte, même si elle représente encore un visa d’immigré qui permet au détenteur d’effectuer des longs séjours aux Etats-Unis.

Suivant la nomenclature juridico-administrative, le nom technique de la dite « Green Card » est : « Permanent Resident Card », une carte de long séjour pour un « résident permanent » aux Etats-Unis d’Amérique.

Le plus souvent, on obtient le statut de résident permanent soit par une offre d’emploi, soit par des relations familiales. Nous développerons ces 2 catégories très bientôt dans d’autres parties car, rien que pour le cadre du rapprochement familial, il existe 6 classes de relations familiales qui peuvent donner lieu à l’émission d’une « Carte Verte. »
Ces classes commencent par le conjoint, les enfants (mineurs) et les parents d’un citoyen des Etats-Unis, en passant par des catégories pour les conjoints et les enfants d’un résident permanent, et jusqu’à la fratrie d’un citoyen américain. Sauf pour la première catégorie, il y a, on peut dire, des « listes d’attente » qui peuvent varier, mais l’attente est rarement de moins d’un an ou deux.

Pour les visas de résident permanent basés sur une offre d’emploi, ce sont les visas de la série EB, dont le plus connu, peut-être, est le visa EB-5, le visa de l’investisseur millionnaire. Ce sont des visas qui sont, en large mesure, assez spécialisés, pour des personnes douées, ayant fait des études très avancées, ou ceux ayant une certaine expérience professionnelle de haut niveau.

Aux USA, il existe aussi une « loterie » annuelle pour les visas d’immigré. En principe, cette loterie vise à favoriser la diversité d’immigration aux USA, surtout en provenance de pays ayant eu un taux réduit d’immigration aux États-Unis pendant les 5 années précédant la loterie en cours.

Il y a aussi la « Green Card » pour les refugiés et les personnes ayant obtenu l’asile politique aux USA.

Une fois la carte en main, la « résidence permanente » n’est pas nécessairement « permanente » car on peut la perdre, ce qui sera exposé dans un prochain article.

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