Hillary Clinton cogne fort contre Donald Trump lors du premier débat, mais le candidat Républicain résiste bien

Hillary Clinton cogne fort contre Donald Trump lors du premier débat, mais le candidat Républicain résiste bien

Le débat tant attendu entre Donald Trump et Hillary Clinton s’est déroulé lundi soir. Le spectacle était au rendez-vous, mais le débat est toutefois resté assez pauvre.

Hillary Clinton à la fois maîtrise ses dossiers, mais aussi l’art du débat : elle est apparue tel un professeur, dirigeant les conversations, et les terminant à chaque fois par une attaque contre son adversaire, le poussant à la défensive. Certes, il n’est pas aisé pour un homme d’affronter une femme en face à face sans risquer de donner une mauvaise impression. Donald Trump en a fait l’expérience, obligé de maintenir un ton beaucoup plus cordial (à l’égard de celle qu’il a appelé « Hillary ») que dans les « one man shows » quotidiens qu’il livre depuis un an. Il n’a d’ailleurs pas pu s’empêcher de conclure le débat par un « Si j’avais voulu j’aurai pu dire beaucoup de choses sur votre famille, mais moi je ne l’ai pas fait« .*

Trump n’a toutefois pas triché. Il est resté lui-même, très spontané, et pas avare dans les critiques. Malheureusement pour lui, il n’a pas brillé dans les premières minutes de la discussion, celles qui souvent restent dans l’esprit des spectateurs. Son message sur l’économie tenait en deux points (« moins d’impôts, mais une instauration de taxes contre les entreprises américaines qui délocalisent »), alors que celui de l’ex-première-dame était beaucoup plus construit. Clinton et Trump ne boxent pas dans la même catégorie. Trump martèle le même message encore et encore, alors que Mme Clinton développe le plus possible, de manière assez classique. Il n’est pas évident néanmoins que son message passe mieux auprès du public que celui de son adversaire : le style direct de Trump a déjà prouvé son efficacité en balayant tous ses très sérieux opposants durant la Primaire. Chacun pensait alors que le minimalisme politique de « The Donald » ne pèserait pas bien lourd face aux « intellos » Bush et Rubio… Il serait maladroit de faire les mêmes analyses après ce premier débat contre Clinton.

QUERELLE SUR L’ETAT DE L’AMERIQUE…

Y compris sur le volet économique, sans développer un programme quelconque, Donald Trump a marqué des points en demandant à plusieurs reprises à Mme Clinton ce qu’elle avait fait durant ces trente dernières années. De même sur les questions de sécurité intérieure : « ce que vous avez laissé commettre contre les communautés afro-américaines est effroyable » et internationales : « quand vous êtes devenue secrétaire d’Etat, Daesh était microscopique. Vous avez opéré le retrait de nos soldats d’Irak et aujourd’hui L’Etat Islamique est présent dans 40 pays ! » « Oui Mme Clinton a de l’expérience« , assure Trump, « mais pas celle que je souhaite voir à la Maison Blanche« . Et il a continué les critiques à tous niveaux : « Regardez dans quel état sont les routes et les tunnels ; regardez les aéroports américains, on dirait ceux d’un pays du tiers monde » ; « A Chicago il y a eu 4000 morts violentes depuis l’élection de Barack Obama (…) Allez n’importe où et vous verrez dans quel état de dévastation est notre pays« . Donald Trump a ainsi dressé un tableau très sombre de l’Amérique d’aujourd’hui, contraignant Hillary Clinton à défendre le bilan du président sortant, en rappelant qu’au niveau économique les Etats-Unis s’étaient bien redressés depuis la crise, et que le niveau de crime avait baissé.

… ET SUR LES STRATEGIES INTERNATIONALES

Au niveau de la politique internationale, dossier plus difficile à maîtriser, Trump a aussi tenu le coup. Il s’est néanmoins considérablement éloigné de la ligne isolationniste qu’il défend depuis de longs mois. Certes il est favorable à des dialogues pacifiés avec la Russie ; il est toujours favorable à ce que les membres de l’OTAN renforcent leur contribution financière à la sécurité que leur apporte le grand frère américain, mais M. Trump menace moins de se retirer de l’OTAN. Et quand les mots « Iran », « Corée du Nord » ou « Etat Islamique » sont prononcés, alors il accuse au contraire l’ex-secrétaire d’Etat de ne pas être assez ferme. Ce n’est donc pas demain qu’une nouvelle ligne diplomatique verra le jour aux Etats-Unis !

HILLARY CLINTON PLUS INCISIVE

Ainsi, il y avait beaucoup de choses à dire sur les prestations de Donald Trump qui était le centre de toutes les attentions, en tant que « petit nouveau » de ces joutes spectaculaires. En parallèle, Hillary Clinton a déroulé ses propositions en faveur des femmes, des minorités, des plus démunis, notamment dans l’accès aux soins ou à la scolarité. Pas de proposition révolutionnaire, mais des propositions de changement, puisque 95% des Américains souhaitent qu’il y en ait. En ce, les Etats-Unis ne sont pas vraiment divisés : certains souhaitent le changement dans la continuité avec Hillary Clinton, et les autres le « grand » changement avec Donald Trump.

En synthèse, chacun attendait un Trump franc-tireur, comme il en a l’habitude, et il a tenté d’apparaître plus « présidentiel ». Bien sûr il a attaqué, mais pas en dessous de la ceinture : ni au niveau familial, ni au niveau professionnel, alors que Mme Clinton n’hésitait pas pour sa part à revenir sur les déclarations d’impôts de M. Trump, sur les « faillites » de M. Trump, sur les entreprises qui ont travaillé pour M. Trump et qu’il n’a « pas payées » ou sur le « racisme » de M. Trump.

ET LE VAINQUEUR EST…

La personnalité des deux candidats s’affrontant pour la première fois en face à face était un spectacle de tout premier intérêt au niveau de la stratégie politique et au niveau des tentatives de déstabilisations psychologiques mutuelles. La politique en a néanmoins été pour ses frais : aucune surprise ni discussion de très haut niveau… Et la responsabilité est partagée. L’état de santé physique d’Hillary Clinton n’y est pour rien, de ce côté-là elle aura plutôt rassuré les sceptiques !

Et puis, d’ailleurs, puisqu’un « vainqueur » est toujours désigné à cette occasion, sa prestation aura certainement été suffisante pour qu’elle décroche cet « award ». Pas certain qu’elle ait « gagné », mais en tout cas Donald Trump a perdu quelques plumes… et de son panache !

En conséquence, le rouleau compresseur Trump, qui est remonté à moins de deux points de Mme Clinton dans les sondages, pourrait être un peu ralenti.

Il reste encore deux débats les 9 et  19 octobre.

*Phrase précédée d’un « vous, vous avez dépensé 200 millions de dollars en clips vidéos contre moi, pour gagner quoi au bout du compte ? Strictement rien !« 

 



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