Opa-Locka : le quartier arabo-hollywoodien de Miami

Opa-Locka : le quartier arabo-hollywoodien de Miami

Opa-Locka avait tout pour être une ville bizarre, à commencer par son nom à rallonge : Opa-tisha-wocka-locka (qui signifie en indien : « le bois dans le marais »).

Photo ci-dessus : Hôtel de Ville d’Opa-Locka (près de Miami) (Crédit photo : Ebyabe / CC BY-SA 3.0)

C’est le pionnier de l’aviation Glenn Curtiss (le premier à avoir réussi à faire voler un avion sur le sol américain) qui décida de la créer en 1926 (il avait fait fortune en construisant des vélos puis des avions). Après avoir raccourci le nom du site en « Opa-Locka », Curtiss lança la construction d’un vaste ensemble d’architecture néo-mauresque, même si ce n’était plus vraiment la mode (c’était le cas 70 ans plus tôt). La même année, le « Great Miami Hurricane » (ouragan) ravagea Opa-Locka et un grand nombre de bâtiments « arabes » fraîchement construits. Néanmoins une vingtaine ont survécu et sont toujours là, en faisant aujourd’hui le plus grand ensemble néo-mauresque de l’hémisphère ouest (en version très hollywoodienne).

L’ancien hôtel de ville, tout droit sorti des Mille-et-une-nuits est totalement sidérant (il est à l’extrémité d’Opa Locka boulevard). Les autres bâtiments du même style sont disséminés tout autour le long de rues dénommées Sabur Lane, Sultan Avenue, Ali Baba Avenue, Perviz Avenue, ou encore Sesame Street, Sharazad, Aladdin… L’aspect singulier du lieu est encore renforcé par son état de délabrement avancé (dont le fameux ancien hôtel de ville). En effet, on est loin des « palais des merveilles » : la ville d’Opa-Locka a été placée en situation « d’urgence financière » en 2002 et 2016, et entre temps elle a par exemple réussi en 2004 à rafler la palme pourtant très disputée de « ville avec le plus haut taux de crime violent aux Etats-Unis d’Amérique », avec une population de 16000 habitants seulement, mais sérieusement sinistrée. Le dealer toujours présent derrière l’ex-city hall a l’air sympa, mais on vous conseille quand même d’y aller le matin, si bien sûr vous voyez un intérêt à aller visiter ce genre de curiosités. Ceci dit, socialement c’est aussi une face intéressante de Miami, difficile à percevoir depuis les tours de luxe de « la beach ».
Les bâtiments sont pourtant classés au National Register of Historic Places, et ça pourrait être un atout pour Opa-Locka qu’ils soient sauvés de la ruine annoncée.
Maintenant que vous connaissez tout ça, vous savez à quoi correspond la sortie « Opa-Locka » sur l’I95… à vous de savoir si vous voulez l’emprunter !
http://www.opalockafl.gov/index.aspx?NID=229

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