On dit comment « soft power » en français ? (Editorial du Courrier de Floride sur la francophonie)

On dit comment « soft power » en français ? (Editorial du Courrier de Floride sur la francophonie)

Depuis 400 ans, le « coût du château de Versailles » marque la division entre les personnes qui comprennent ce qu’est le « soft power », et celles qui, jamais, n’y comprendront rien. « La culture, le reflet d’un pays à l’étranger, la diplomatie, l’enseignement du français à l’étranger… ça coûte trop cher. » Ca, c’est dans le pire des cas (mais un cas qui touche aussi bien le simple citoyen que le ministre). Et puis, il y a le jmenfoutisme. « On peut bien enlever un peu d’argent sur cette ligne budgétaire-là. Les Québécois ne votent pas en France, et les Français de l’étranger, s’ils sont nombreux, ne votent pas beaucoup. C’est pas eux qui vont venir râler.« 

Photo : le château de Versailles Crédit : ToucanWings CC BY 3.0)

Gwendal Gauthier, éditeur du Courrier de Floride.

par Gwendal Gauthier, directeur du Courrier de Floride.

Dans l’essai « Et le monde parlera français« , publié au printemps dernier, les auteurs concluent : « Le doute, voire le défaitisme s’installent : certains n’hésitent pas à affirmer que la langue française est un frein à l’attractivité de la France« , avec l’impression que « l’élite française est indifférente au combat de la Francophonie« . Ils auraient aussi pu rajouter une certaine élite québécoise (qui, en s’anglicisant, est beaucoup plus française qu’elle ne le croît !). Les Africains, eux, sont plus francophones que jamais, et fiers de l’être. En tout cas dans un grand nombre de pays. « Ce qui a déclenché l’écriture de ce livre, c’est la contradiction que je vivais entre un discours politique très offensif et la réalité des moyens qui ne cessaient de diminuer », explique Roger Pilhion, l’un des auteurs. Il me semblait que c’était le bon moment d’en parler, en raison de l’actualité budgétaire en France, la suppression d’aides ou de subventions au corps diplomatique, aux écoles et aux associations à l’étranger. Et ce débat est aussi, encore et toujours, en lien avec la querelle linguistique qui anime le Québec.

Parler deux langues, c’est mieux que de n’en parler qu’une seule. Ca c’est certain. Et en parler dix, c’est mieux que de n’en parler que deux. Une fois cette évidence exprimée, on regardera néanmoins la manière dont l’anglais a conquis la Louisiane en un demi-siècle : il ne reste que 4% des habitants à y parler français… et bien des regrets. Ce n’est pas la langue en elle même qui « a conquis ». C’est le soft power américain. Le français est une chance culturelle qui se défend, qui s’exporte, et qui rapporte. Autant que le château de Versailles en son temps. Baisser la garde, c’est s’exposer à devenir Louisianais. Au niveau politique, certains souhaitent d’une part la naissance de contre-pouvoirs aux Etats-Unis, mais sont d’autre part totalement insouciants quant au devenir de la langue française. Or chaque langue est un logiciel politique alternatif, vectrice d’une autre civilisation, d’une autre conception de la liberté.

Mais, « La France ne se perçoit pas comme francophone« , assurent encore les auteurs de ce livre. Effectivement, quand on est à l’intérieur du phare, on n’en voit pas forcément la lumière ! Alors, si cet éditorial peut servir un peu à la valoriser… tant mieux !

Bonne rentrée à tous !

Gwendal GAUTHIER

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