USA : La relation compliquée du Parti Républicain avec le réchauffement climatique

USA : La relation compliquée du Parti Républicain avec le réchauffement climatique

Après le passage de l’ouragan Irma, le parti républicain est plus divisé que jamais sur la question du réchauffement climatique. Mais le seul grand parti américain opposé à l’Accord de Paris n’a pas toujours eu cette position « climatosceptique ».

« Si ce n’est pas le réchauffement climatique, je ne sais pas ce que c’est« , a déclaré Tomas Regalado, maire (Républicain) de Miami, après le passage de l’ouragan Irma. Pourtant, la majorité des membres de son parti ne veut plus en entendre parler depuis quelques années.

Photo : Donald et Melania Trump à Corpus Christi, Texas, après le passage de l’ouragan. (Official White House Photo by Shealah Craighead)

Il faut faire très attention aux mots utilisés sur le réchauffement climatique aux Etats-Unis. Quoi qu’on pense de la position du Parti Républicain, la manière dont le débat a été posé était si malsaine que non seulement ce parti a fait marche arrière en la matière, mais qui plus est… il a gagné les élections. Et ceux qui ne voient pas de relation entre cette position sur le climat et la victoire de Donald Trump se trompent. Il n’est pas possible de gagner une élection aux Etats-Unis sans être clair et concis.

Les militants Républicains ont vécu comme une sensation de chantage de la part des Démocrates durant des années cette question du réchauffement climatique. Le résultat de ce conflit n’est guère brillant et la campagne républicaine a été simplifiée sur le sujet en ces termes durant les deux dernières années : « le réchauffement climatique est un hoax » (une intox). Pourtant, ce n’est pas exactement ce que pense Donald Trump et la majorité des cadres et militants du parti. C’est surtout la part de responsabilité des humains dans le réchauffement climatique qui est remise en question par la majorité d’entre eux. Leur pensée – basée sur des études scientifiques (contestables et contestées) – c’est que la Terre est en cycle de réchauffement, et que l’humanité y contribue de manière marginale.

Pourtant, quand on se reporte à la Plateforme Républicaine qui définissait la campagne présidentielle de 2008, un très long passage sur l’environnement débutait ainsi : « En augmentant les ressources énergétiques américaines et en diminuant sur le long terme les demandes en pétrole, nous serons bien positionnés pour faire face au challenge du changement climatique, et poursuivre notre responsabilité de longue date en matière de gestion de l’environnement. La même activité économique humaine qui a apporté la liberté et l’opportunité à des milliards de personnes, a également augmenté la quantité de carbone dans l’atmosphère. Bien que la portée et les conséquences à long terme de cette question fassent l’objet de recherches scientifiques en cours, le sens commun dicte que les États-Unis devraient prendre des mesures et franchir aujourd’hui des étapes raisonnables afin de réduire tout impact sur l’environnement. » (1)

Comment, huit ans plus tard, le plus grand parti américain, vainqueur de l’élection présidentielle et des élections au Congrès, a-t-il pu prendre une position opposée à ce qu’il affirmait alors, mais également opposée à un nombre immense de pays avec lequel il est allié ? Comment le gouverneur républicain de Floride, Rick Scott, peut-il tenir le coup face aux maires en colère (qu’ils soient Démocrates ou Républicains (comme le maire de Miami)) de son Etat dont les villes subissent inondations et ouragans plus qu’inquiétants ?

Si une majorité d’Américains sont favorables à des efforts contre le réchauffement climatique (2), dans un récent passé il y a de toute évidence eu une rupture de dialogue entre les pays, et entre les Américains entre eux. Ce sont les bases de ce dialogue qu’il faudra à l’avenir renouer. Il serait toujours intéressant de souligner auprès des interlocuteurs américains qu’ils ont depuis un siècle un « coup d’avance » en matière scientifique sur le reste du monde, mais que cette fois-ci, au niveau innovation et recherche scientifique au profit des énergies renouvelables… ils ont un train de retard. Et il s’agit d’un train… qui crée de l’emploi.

(1) www.presidency.ucsb.edu/ws/?pid=78545

(2) https://www.nytimes.com/interactive/2017/03/21/climate/how-americans-think-about-climate-change-in-six-maps.html

Gwendal Gauthier

 

 



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Qu’est-ce que la “Green Card” ?

On en parle tout le temps. La “Green Card” reste encore pour beaucoup de personnes, en Europe et ailleurs, une sorte de « Saint-Graal » : un objet à conquérir. Il s’agit évidemment d’un moyen de rester aux Etats-Unis, tout le monde semble savoir cela. Il suffit d’avoir vu le film portant le même nom où Gérard Depardieu participe à un mariage blanc (au début au moins) dans l’unique but de rester aux USA. Et pour illustrer la durabilité du ce mot, Green Card, le film est sorti il y a déjà 25 ans !

En effet, la “Green Card” c’est un type de visa aux Etats-Unis, un visa de résident permanent. On peut comprendre par cela un « visa d’immigré ».

Ce sobriquet de « Green Card » remonte dans l’histoire à une époque où, sans doute, ce genre de visa se manifestait par l’émission d’une carte imprimée sur un papier vert. Visiblement, pourtant, la « Green Card » à l’heure actuelle n’est plus forcément verte, même si elle représente encore un visa d’immigré qui permet au détenteur d’effectuer des longs séjours aux Etats-Unis.

Suivant la nomenclature juridico-administrative, le nom technique de la dite « Green Card » est : « Permanent Resident Card », une carte de long séjour pour un « résident permanent » aux Etats-Unis d’Amérique.

Le plus souvent, on obtient le statut de résident permanent soit par une offre d’emploi, soit par des relations familiales. Nous développerons ces 2 catégories très bientôt dans d’autres parties car, rien que pour le cadre du rapprochement familial, il existe 6 classes de relations familiales qui peuvent donner lieu à l’émission d’une « Carte Verte. »
Ces classes commencent par le conjoint, les enfants (mineurs) et les parents d’un citoyen des Etats-Unis, en passant par des catégories pour les conjoints et les enfants d’un résident permanent, et jusqu’à la fratrie d’un citoyen américain. Sauf pour la première catégorie, il y a, on peut dire, des « listes d’attente » qui peuvent varier, mais l’attente est rarement de moins d’un an ou deux.

Pour les visas de résident permanent basés sur une offre d’emploi, ce sont les visas de la série EB, dont le plus connu, peut-être, est le visa EB-5, le visa de l’investisseur millionnaire. Ce sont des visas qui sont, en large mesure, assez spécialisés, pour des personnes douées, ayant fait des études très avancées, ou ceux ayant une certaine expérience professionnelle de haut niveau.

Aux USA, il existe aussi une « loterie » annuelle pour les visas d’immigré. En principe, cette loterie vise à favoriser la diversité d’immigration aux USA, surtout en provenance de pays ayant eu un taux réduit d’immigration aux États-Unis pendant les 5 années précédant la loterie en cours.

Il y a aussi la « Green Card » pour les refugiés et les personnes ayant obtenu l’asile politique aux USA.

Une fois la carte en main, la « résidence permanente » n’est pas nécessairement « permanente » car on peut la perdre, ce qui sera exposé dans un prochain article.

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