Ouragans en Floride : êtes-vous bien assurés ?

Ouragans en Floride : êtes-vous bien assurés ?

Les catastrophes naturelles qui frappent régulièrement les Etats-Unis font des dégâts considérables et laissent souvent de nombreux habitants dans la précarité. Tous ces ravages coûtent des dizaines de milliards de dollars. Mais tous les coûts sont-ils pris en charge ? Comment les Américains sont-ils assurés contre ces catastrophes naturelles ?

La Floride a vu déferler ces vingt dernières années plusieurs ouragans et tempêtes tropicales sur son territoire. Ces phénomènes naturels engendrent immanquablement des dégâts plus ou moins importants selon leur force de frappe. Infrastructures routières, habitations, véhicules, végétation,… en général rien n’est épargné quand des vents de 250 km/h et plus soufflent pendant plusieurs jours.

Tous ces dégâts coûtent des milliards de dollars à chaque nouvelle catastrophe. Mais au-delà des coûts liés aux destructions matérielles (bâtiments, maisons, véhicules), il y a aussi des coûts sous-jacents : interruption de l’activité des entreprises, personnes au chômage pour des semaines voire des mois, dépenses dues aux évacuations forcées des populations, destruction d’infrastructures ralentissant les transports, pertes agricoles comme les oranges (qui ensuite ont un effet sur les prix), hausse des prix des carburants… Autant de préjudices qui font grimper la note des dégâts causés par les cyclones !

Au vu de cette liste, il est bien évidement qu’une partie seulement des coûts sont réellement pris en charge par les assurances, les dégâts matériels. Mais est-ce que la population américaine est réellement bien assurée pour ces ravages ? Rien n’est moins sûr…

Aux Etats-Unis, les contrats standards d’assurances individuelles habitation couvrent les dégâts causés par le vent en cas d’ouragan – et dans ce cas le propriétaire doit se conformer à toutes les nouvelles normes concernant les fenêtres, la toiture et la résistance à une certaine force du vent – mais pas ceux causés par les inondations.

Dans la région de Houston totalement inondée dernièrement par exemple, plus de 80% des propriétaires ne possèdent pas d’assurance inondation, selon le Washington Post. En 2012, le Congrès a approuvé une augmentation des primes et de nombreuses personnes n’ont pu continuer à payer une assurance inondation. Sans ce type de contrat, les propriétaires ne peuvent donc avoir aucune indemnisation pour reconstruire leurs habitations inondées.

En Floride, une récente enquête de l’« Associated Press » rapporte que seulement 42 % des propriétés situées dans les 38 comtés situés le long des côtes sont assurées contre les inondations. Et dans celles visées par un ordre d’évacuation, seuls 34 % ont une couverture adéquate. Côté voiture, même scénario. Malgré l’obligation d’avoir une assurance, seulement trois quarts des assurés disposent des garanties incluant les dégâts causés par des catastrophes naturelles.

Si un propriétaire veut se protéger contre les inondations, il doit souscrire un contrat complémentaire disponible (uniquement) auprès du « programme national d’assurance contre les inondations » (NFIP). Ce type de contrat coûte en moyenne 500 dollars par an (soit 420 euros), mais cette somme peut passer à plus de 2 000 dollars (soit 1 680 euros) si le bien est situé en zone inondable ! La couverture de ces assurances plafonne souvent aux alentours des 250 000 dollars pour la reconstruction et à 100 000 dollars pour les effets personnels. Il y a fort à parier que ces sommes ne couvrent pas le coût total des pertes pour de nombreux sinistrés.

Sans assurance, les habitants n’ont que deux recours, la solidarité privée et l’aide gouvernementale. Pour obtenir cette aide, les sinistrés doivent démontrer qu’aucune pièce de leur résidence n’est habitable. Le président Donald Trump a promis « une action très rapide » pour aider les victimes, mais en général les habitants doivent attendre des mois avant de toucher le moindre dollars. Affaire à suivre.

En Floride, la croissance de la population (2 millions de personnes depuis 2005), la densification de l’urbanisation (voire même l’explosion immobilière), et l’élévation du niveau de la mer, ont fait augmenter le potentiel destructeur des ouragans, quel que soit leur force. A titre d’exemple, plus de 40% des dégâts causés par une tempête comme Andrew en 1992 ne sont pas couverts. Un constat qui mérite réflexion…

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