La pire campagne électorale de l’histoire des Etats-Unis touche à sa fin

La pire campagne électorale de l’histoire des Etats-Unis touche à sa fin

Le point sur l’élection présidentielle américaine à deux semaines du scrutin.

Les trois débats télévisés étant financés par la commission électorale avec de l’argent public, les modérateurs avaient obligation d’aborder uniquement les thèmes considérés comme étant les plus importants par les Américains. Les scandales sexuels (présumés) et autres accusations de dernière minute (comme de « première minute » : celui sur la boîte email de Mme Clinton) étant considérés par les électeurs comme « fondamentaux »… ils se sont donc malheureusement de nouveau invités durant les débats. Ces parasitages des élections ne constituent pas une nouveauté aux Etats-Unis (à part les théories du complot sur l’espionnage russe, les violeurs mexicains, les manigances d’Obama, qui sont assez nouvelles). Mais un grand nombre de commentateurs ont tout de même conclu qu’il s’agissait des pires débats jamais organisés entre deux finalistes à l’élection présidentielle. En tout cas d’un point de vue politique, il s’agissait bien d’une catastrophe, peu digne d’un pays de 320 millions d’habitants, leader mondial au niveau économique et militaire.

Il faut ajouter à cela les révélations hebdomadaires – par le site internet Wikileaks – d’emails volés aux proches d’Hillary Clinton – tenant la presse et les citoyens en suspense – pour prendre la mesure de cette campagne atterrante. Un grand nombre d’Américains n’en sont d’ailleurs pas dupes, la cote de popularité des candidats étant révélatrice de l’estime qui leur est portée.

LE NAUFRAGE DES MEDIAS

Résultat : aucun argument nouveau à commenter. Il ressort de ces 18 mois de campagne une Amérique encore plus fracturée, et dont les composantes ont plus que jamais du mal à se comprendre entre elles. Les médias ayant été plus partisans que jamais, ils n’ont pas aidé à la compréhension des enjeux. S’étant complues à relayer les coups bas et petites phrases stupides contre les candidats qui n’avaient pas leur faveur, presse et télévisions n’ont jamais cherché à analyser en profondeur le pourquoi des colères citoyennes, en tout cas celles des électeurs de M.M Trump et Sanders. Un nombre faramineux d’articles a en revanche été écrit en commentaires de sondages qui ressemblaient plus à de la sorcellerie qu’à autre chose ; l’écart entre les deux principaux candidats pouvant varier de 10 points en une seule semaine ! Le 8 novembre, quel que soit le résultat de l’élection, les instituts de sondages pourront encore affirmer « on vous l’avait bien dit », vu qu’ils ont prévu absolument tout et son contraire.

QUE RETENIR DE CES ELECTIONS ?

Que les deux candidats donnent finalement des réponses (ou des « non-réponses ») assez classiques aux Etats-Unis. Malgré les apparats (l’une est une femme, et l’autre surfe sur la colère des citoyens), ils sont tout de même assez archétypiques de la mentalité locale durant le XXème siècle. Tous deux enfants de la Guerre Froide, leurs logiciels et leurs personnalités en auraient fait de bons candidats il y a 50 ans, au faîte de la gloire américaine. C’est particulièrement vrai en matière diplomatique où les velléités de recours à une force solitaire, bannière étoilée déployée aux vents, les éloignent à la fois de la « doctrine Obama », mais aussi des nouvelles réalités. Quel pays peut désormais « jouer en solo » ou encore se prévaloir d’une légitimité internationale supérieure aux autres ?

Au niveau interne au pays maintenant, quel que soit le vainqueur du 8 novembre, le statu quo ne sera pas possible. Pour la première fois depuis longtemps, les Etats-Unis – habitués à n’avoir que deux partis politiques – ont vu naître des forces contestataires importantes autour de Trump et Sanders, mais aussi dans la société civile. Le vainqueur de l’élection devra rapidement trouver des solutions. A défaut, l’éclatement des partis pourrait bien être programmé. Le Parti Républicain y a pour le moment échappé de justesse, mais le Parti Démocrate semble avoir, lui aussi, une homogénéité très circonstanciée : avant d’être tous unis contre Trump (depuis le mois de juillet), ils étaient au bord de l’explosion interne.

Si la façade de cette élection, et sa surface médiatique, donnent un sentiment global plutôt négatif, il ne faut toutefois pas croire que les partis n’ont fait aucun effort. Les sites internet des candidats affichent de nombreuses propositions, dont certaines très intéressantes que nous avons déjà évoquées, et que les électeurs et commentateurs pourront retrouver et apprécier en se rendant sur les sites en question.

www.hillaryclinton.comwww.donaldjtrump.com

LA SITUATION A 10 JOURS DE L’ELECTION

Durant les face-à-face, la candidate démocrate a semblé mieux maîtriser les sujets que son adversaire, mais aussi l’art du débat, arrivant à placer Donald Trump régulièrement sur la défensive, surtout lors de la première émission.

Deux semaines avant l’élection, la tendance nationale qui se dégageait de ces sondages était une avance de 5.8 points en faveur de Mme Clinton, mais avec certains sondages … donnant Donald Trump gagnant !

A 6,1% de moyenne, le libertarien Johnson semblait en passe de battre un record (avec des électeurs étant pour l’essentiel des transfuges Républicains). La candidate « Green » Jill Stein (2,3%) ne semblait pas pour sa part en mesure de prendre beaucoup de voix à Mme Clinton.

INVOICES

LES SWING STATES

Les sondages nationaux sont une chose, mais les résultats locaux sont autrement plus importants, car ce sont les délégués gagnés dans chaque Etat qui assureront la victoire de l’un ou de l’autre. Les « Swing States » sont ainsi d’ores et déjà au centre de toutes les attentions. Pour la rédaction du Courrier, les 11 Etats qui devraient faire la différence sont : Colorado, Michigan, New Hampshire, Pennsylvanie, Virginie, Wisconsin, Iowa, Nevada, Caroline du Nord, Ohio et bien évidemment la Floride. Les cinq derniers Etats de cette liste – toujours selon les sondages – étaient plutôt en faveur de Trump, et les six premiers à attribuer à Clinton. Mais, la particularité des Swing States, c’est justement qu’ils résistent aux pronostics. Il faudra donc les avoir à l’œil le 8 novembre au soir.

Si vous êtes en Floride ce jour-là, Le Courrier vous invite à passer la soirée en sa compagnie à Miami et à Fort Lauderdale (voir image) pour une nuit qui dans tous les cas sera historique !

 

 Chez Marie Boca Raton



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Qu’est-ce que la “Green Card” ?

On en parle tout le temps. La “Green Card” reste encore pour beaucoup de personnes, en Europe et ailleurs, une sorte de « Saint-Graal » : un objet à conquérir. Il s’agit évidemment d’un moyen de rester aux Etats-Unis, tout le monde semble savoir cela. Il suffit d’avoir vu le film portant le même nom où Gérard Depardieu participe à un mariage blanc (au début au moins) dans l’unique but de rester aux USA. Et pour illustrer la durabilité du ce mot, Green Card, le film est sorti il y a déjà 25 ans !

En effet, la “Green Card” c’est un type de visa aux Etats-Unis, un visa de résident permanent. On peut comprendre par cela un « visa d’immigré ».

Ce sobriquet de « Green Card » remonte dans l’histoire à une époque où, sans doute, ce genre de visa se manifestait par l’émission d’une carte imprimée sur un papier vert. Visiblement, pourtant, la « Green Card » à l’heure actuelle n’est plus forcément verte, même si elle représente encore un visa d’immigré qui permet au détenteur d’effectuer des longs séjours aux Etats-Unis.

Suivant la nomenclature juridico-administrative, le nom technique de la dite « Green Card » est : « Permanent Resident Card », une carte de long séjour pour un « résident permanent » aux Etats-Unis d’Amérique.

Le plus souvent, on obtient le statut de résident permanent soit par une offre d’emploi, soit par des relations familiales. Nous développerons ces 2 catégories très bientôt dans d’autres parties car, rien que pour le cadre du rapprochement familial, il existe 6 classes de relations familiales qui peuvent donner lieu à l’émission d’une « Carte Verte. »
Ces classes commencent par le conjoint, les enfants (mineurs) et les parents d’un citoyen des Etats-Unis, en passant par des catégories pour les conjoints et les enfants d’un résident permanent, et jusqu’à la fratrie d’un citoyen américain. Sauf pour la première catégorie, il y a, on peut dire, des « listes d’attente » qui peuvent varier, mais l’attente est rarement de moins d’un an ou deux.

Pour les visas de résident permanent basés sur une offre d’emploi, ce sont les visas de la série EB, dont le plus connu, peut-être, est le visa EB-5, le visa de l’investisseur millionnaire. Ce sont des visas qui sont, en large mesure, assez spécialisés, pour des personnes douées, ayant fait des études très avancées, ou ceux ayant une certaine expérience professionnelle de haut niveau.

Aux USA, il existe aussi une « loterie » annuelle pour les visas d’immigré. En principe, cette loterie vise à favoriser la diversité d’immigration aux USA, surtout en provenance de pays ayant eu un taux réduit d’immigration aux États-Unis pendant les 5 années précédant la loterie en cours.

Il y a aussi la « Green Card » pour les refugiés et les personnes ayant obtenu l’asile politique aux USA.

Une fois la carte en main, la « résidence permanente » n’est pas nécessairement « permanente » car on peut la perdre, ce qui sera exposé dans un prochain article.

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