Bientôt libre, O.J Simpson va s’installer en Floride

Bientôt libre, O.J Simpson va s’installer en Floride

En juillet dernier, peu après avoir célébré son soixante-dixième anniversaire, l’ex-footballeur Orenthal James « O. J. » Simpson s’est vu accorder une liberté sur parole à compter du 1er octobre 2017. Il a déclaré au juge désirer revenir vivre en Floride. Avant son incarcération pour « vol », il vivait déjà dans une maison de Kendall, au sud de Miami. Mais les deux enfants qu’il a eu avec Nicole Brown (assassinée en 1994) sont désormais trentenaires, et habitent dans la région de St. Petersburg (également en Floride).

La présence d’O.J à Miami entre 2000 et 2007  avait donné du travail aux journalistes locaux et à la police : la propriété était prise d’assaut par les fans, et la star avait eu affaire cinq fois aux forces de l’ordre, pour une dispute routière, une dispute familiale, une perquisition infructueuse d’agents fédéraux cherchant de la drogue, un excès de vitesse en bateau dans une zone de Miami-Centre où séjournent des lamantins, et enfin l’arrestation pour le « vol à main armée » qui l’a envoyé en prison.

Après 9 ans passés en détention au Nevada (pour une condamnation à 33 ans de prison ferme) la libération d’O.J va sans aucun doute être un déchaînement médiatique. Comme pour le « Petit Grégory » en France, chaque nouveau chapitre de la vie du footballeur prends en effet une ampleur invraisemblable*.

 

Pourquoi tant de déchaînement sur le cas O.J Simpson

Pour ceux qui auraient manqué les premiers épisodes de la vie d’O.J Simpson, voici comment est né le plus grand phénomène médiatique américain. Né en 1947 à San Francisco, il devint bien plus qu’une superstar du football durant 11 ans aux Buffalo Bills de New-York, avant de terminer sa carrière par une dernière saison chez lui en 1979 aux « San Francisco 49ers ». Il est également le premier athlète afro-américain à avoir atteint un tel degré de popularité, et est une idole indéboulonnable pour la communauté (même s’il ne se définissait pas lui-même comme membre d’une communauté ethnique).

The Juice, tel qu’il est surnommé, poursuit alors une carrière de comédien entamée bien avant sa retraite sportive. Le 12 juin 1994, Ron Goldman et Nicole Brown, l’ex-épouse d’O.J Simpson, sont retrouvés sauvagement poignardés au domicile de cette dernière à Los Angeles. Cinq jours plus tard, convoqué par la police, O.J prend la fuite. Ses ultra-médiatiques avocats (dont Robert Kardashian, le père des starlettes) donnent une conférence de presse assurant qu’il est innocent. Simpson est rapidement poursuivi en voiture à la fois par les forces de l’ordre et par les hélicoptères des télévisions (neuf hélicoptères de police et de télévision). Les chaînes de télé interrompent les finales de la NBA pour diffuser durant plus de 40mn la poursuite, avec un nombre de téléspectateurs estimé à 95 millions de personnes ! Des centaines se pressent sur les ponts d’autoroute afin de voir l’événement en direct, et soutenir « the juice », qui finit par se rendre aux autorités.

Une somme monumentale d’évidences (mobiles, preuves et témoignages) indiquent que le coupable est O.J Simpson. Néanmoins, le jury l’acquittera après 11 mois de procès (diffusé en direct) : la police de Los Angles était tellement raciste et corrompue que les jurés ne pouvaient pas ne pas avoir de doute sur la manipulation des preuves par les forces de l’ordre. Certains épisodes resteront dans les anales judiciaires et médiatiques, comme par exemple le jour où O.J Simpson tenta sans succès, à la demande du procureur, d’enfiler le gant maculé de sang : il était trop petit pour lui.

Le procès civil – qui aux Etats-Unis suit le procès pénal – entrera tout de même en voie de condamnation à l’encontre d’O.J Simpson pour ce double-meurtre, en l’occurence à une amende de 33,5 millions de dollars.

Si O.J Simpson se retrouve en prison, c’est pour avoir en septembre 2007 pénétré dans une chambre d’hôtel de Las Vegas, non armé, mais à la tête d’un groupes d’hommes qui eux l’étaient, et s’être emparé par la force de souvenirs sportifs qu’il estimait lui appartenir.

Neuf ans plus tard, le voilà libre… mais la pression médiatique sera immense.

* Vous lisez néanmoins le premier article du Courrier de Floride sur le sujet !

Danielle Waton



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