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Le Courrier de Floride fête ses 5 ans : Interview de Gwendal Gauthier, son fondateur et directeur

En mai Le Courrier de Floride fête ses cinq ans de journaux imprimés ! (Il avait commencé sur internet un peu avant). Voici quelques questions (essentielles) posées à son directeur et fondateur, Gwendal Gauthier.


Gwendal Gauthier, éditeur du Courrier de Floride.
par Gwendal Gauthier, directeur du Courrier de Floride.
LE COURRIER DE FLORIDE : Lancer un journal francophone aux Etats-Unis fut-il une expérience facile ?

Gwendal GAUTHIER : Le dire ce serait mentir ! En cinq ans j’ai vu au moins une dizaine de sociétés d’édition de médias se lancer et mourir en Floride, donc non ce n’est pas si facile. Quand on imprime un journal on peut en distribuer en assez grand nombre, mais en revanche pour acquérir une pleine visibilité sur internet il faut du temps et surtout beaucoup de travail. Or, quand nous avons lancé Le Courrier, internet était déjà incontournable. Le premier jour, vous avez zéro lecteur à provenir de Google et de Facebook, et il faut alors vous y créer une audience. Quand on est dans un pays francophone, ça peut être facile. Mais ici aux Etats-Unis… ce fut une aventure, et je trouve qu’on ne s’est pas trop mal débrouillés quand je vois qu’on a aujourd’hui plus de 200 000 visiteurs uniques par mois sur le site internet !

LE C.D.F : Qui sont-ils ?

G.G : Les francophones les plus nombreux sur internet, en général, sont les Français « de France ». Ca représente toujours un grand volume de lecteurs pour une raison évidente (c’est le pays où il y a le plus de francophones !) On n’y pourra jamais rien changer (et je passe bien le bonjour à ceux qui sont dans la grisaille parisienne !). Nos lecteurs les plus fidèles sont toutefois ceux qui habitent ou qui « snowbirdent » habituellement en Floride, qu’ils soient Canadiens francophones ou bien Français. Et, bien entendu, nous avons des lecteurs d’autres horizons : des expatriés européens (Suisses, Belges), des Caribéens (des Grandes ou des Petites Antilles), des expats’ maghrébins, sans oublier nos cousins cajuns de Louisiane : là-bas la francophonie est repartie à la hausse, et ils n’ont pas de journal. Donc certains nous suivent sur internet. Une seule chose à leur dire : lâchez pas la patate !

LE C.D.F : Quelle est votre plus grande satisfaction au sujet de la communauté francophone en Floride ?

G.G : En 5 ans elle a sans cesse continué de progresser. Il y a un peu plus d’expatriés, il y a plus de Snowbirds, plus d’activités en français, plus d’écoles francophones… c’est donc une bonne dynamique globale. Par exemple, quand nous avons lancé la page Facebook du Courrier, notre objectif c’était de battre le record de 5000 francophones en Floride. Là on arrive à 30 000 ! Ca montre le dynamisme de la communauté et un intérêt pour tout ce qui est francophone.

LE C.D.F : Qu’est-ce qui vous a le plus énervé ?

G.G : Comme dans toutes les nouvelles communautés qui se développent trop vite, il y a quelques aspects « tiers monde », avec des arnaques, surtout sur les nouveaux chefs d’entreprises qui arrivent. Mais, heureusement, ça reste très marginal, même si ça me met toujours hors de moi. En 2015 j’avais consacré cet article aux arnaques en Floride. Le gros problème aux Etats-Unis, c’est que la plupart du temps les arnaqueurs ne se font pas condamner. Ils négocient avec les arnaqués, et ils remboursent ensuite une partie. La négociation et le remboursement font même bien souvent partie de l’arnaque : c’était prévu dès le départ !

LE C.D.F : Et qu’est-ce qui vous a le plus marqué au Courrier de Floride ?

G.G : Lancer un journal francophone à l’étranger, c’est une expérience qui reste rare et donc à la fois périlleuse et précieuse ! Du côté positif, si notre équipe a contribué a renforcer un tant soit peu la communauté, à faire en sorte que les entreprises partenaires aient plus de clients ; que les associations aient plus de membres et qu’il y ait plus de monde à leurs événements… bref, que la communauté ait un peu plus de cohésion, alors j’en suis heureux. Côté problèmes, il y a également eu bien des choses de marquantes en cinq ans, à commencer, sans aucun doute, par l’ouragan Irma qui a donné une belle frayeur à tout le monde en 2017 : il y a eu des blessés dans la communauté, des maisons effondrées, mais aussi un bel élan de solidarité, notamment envers les touristes. Que ce soit à Orlando ou à Atlanta, des centaines de francophones ont ouvert leurs portes à tous ceux qui étaient perdus en Floride, et ça a vraiment été marquant car Le Courrier s’est retrouvé comme un canal de communications au milieu de la détresse d’un grand nombre de personnes. On a fait tout ce qu’on a pu et on essayera de faire encore mieux la prochaine fois. Heureusement, par ailleurs, qu’Irma était passée à des dizaines de kilomètres au sud de Miami… ça aurait pu être plus grave.

LE C.D.F : Le Courrier va-t-il continuer de se développer ?

G.G : Bien sûr ! Nous allons continuer de développer nos guides de voyages sur internet, aussi bien concernant la Floride que les Etats et pays limitrophes. Nous allons également produire de plus en plus de petites vidéos sur Youtube, aussi bien touristiques que destinées aux expatriés afin de leur donner des conseils sur la vie aux Etats-Unis ! Sans oublier bien sûr de toujours donner le meilleur de nous mêmes pour le journal imprimé ! Les grands axes continueront d’être « voyager, vivre, et travailler aux Etats-Unis »


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LE C.D.F : Pourquoi vous développer sur Youtube ?

G.G : Nous avons énormément de followers sur Facebook, il est temps de développer un autre réseau. Et Youtube étant l’un des sites les plus consultés au monde… ce sera complémentaire ! Nous avons déjà près de 1000 abonnés sur Youtube et c’est juste le début : on va aller beaucoup plus loin. N’hésitez pas à venir nous y donner votre avis ou bien à nous demander de faire des vidéos sur tel ou tel sujet : vos conseils seront les bienvenus  ! Je précise que ce n’est pas « commercial » : nous ne vendons pas de pub pour nos vidéos Youtube. C’est juste pour se faire plaisir et faire plaisir à nos lecteurs. Au bout de cinq ans… on a bien le droit !

LE C.D.F : Des choses ont-elles changées dans le journalisme en cinq ans ?

G.G : Nous émettons des infos vers des lecteurs… et je pense que dans le monde occidental, ces lecteurs ont beaucoup changé, notamment en raison de l’utilisation des réseaux sociaux. Ca nous oblige en conséquence à nous adapter. Ces changements font que les lecteurs sont à la fois : – plus méfiants envers les contenus journalistiques (et ils ont bien raison d’être prudents). – je pense que les « bulles » des réseaux sociaux existent bel et bien : un grand nombre d’internautes ne voit plus que les contenus de personnes qui leur ressemblent, s’enfermant ainsi dans une bulle idéologique. – En conséquence, une partie des populations supporte de moins en moins les opinions différentes des leurs. Ce qui nous oblige, nous médias, à travailler de manière très différente car nos écrits peuvent être surinterprétés ou mal interprétés, le tout accompagné d’un « média bashing » important sur Facebook. Face à cela, soit nous (médias) faisons encore plus attention à notre neutralité (c’est notre cap au Courrier de Floride) soit, au contraire, on peut voir par exemple avec les chaînes de TV américaines qu’elles sont pour leur part de moins en moins neutres, et ce sans aucun complexe, comme au temps de ce qu’on appelait la « presse d’opinion ». Il y a du négatif, mais je ne peux pas conclure sans mentionner aussi tout le positif qu’internet a apporté : rapidité de la circulation de l’info, proximité avec les lecteurs etc…

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