Denis Franceskin (FN aux USA) : « Nous devons penser à notre famille en France, et voter Marine Le Pen »

Denis Franceskin (FN aux USA) : « Nous devons penser à notre famille en France, et voter Marine Le Pen »

Denis Franceskin est responsable du Front National (FN) aux Etats-Unis. Candidat aux prochaines législatives sur la circonscription USA-Canada, il défend la candidature de Marine Le Pen pour l’élection présidentielle qui se déroulera les 23 avril et 7 mai (attention aux Etats-Unis le vote se déroulera la veille).

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Denis Franceskin, responsable du Front National aux Etats-Unis, et soutien de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle.

Denis Franceskin

LE COURRIER DE FLORIDE : L’idée de sortir de l’Union Européenne et de la Zone Euro semble moins partagée par les expatriés français en Amérique du Nord que par les Français de France (ou les Anglais !) ; comment l’expliquez-vous ?

DENIS FRANCESKIN : Un très grand nombre d’expatriés a souvent été bénéficiaire de la mondialisation, et beaucoup vivent très bien avec le système actuel. Mais à chaque fois qu’ils rentrent en France, ils réalisent à quel point c’est tout le pays qui est en train de s’effondrer à cause des politiques européistes de Hollande et de ses prédécesseurs (car on ne peut pas faire porter toute la responsabilité sur les épaules du seul François Hollande). Ca provoque des sentiments contradictoires pour tous ceux qui vivent en Amérique du Nord, moi y compris. J’ai toujours été favorable aux relations économiques internationales les plus simplifiées et efficaces possibles. Mais pas si ça ne profite qu’à 30% des Français et crée de la misère partout en Europe. Même si notre situation à nous, Français des USA et du Canada, n’est pas celle d’un chômeur de Saint Etienne, l’effondrement national a des conséquences sur tout le monde, y compris les Français de l’Etranger, et ils s’en rendent compte de plus en plus. Il y a aussi un impact direct pour nous : celui de l’image de la France à l’étranger qui se dégrade petit à petit, avec des touristes qui ne veulent plus aller à Paris, mais aussi tout simplement une grande incompréhension internationale par rapport à nos politiques, notamment au sujet de l’immigration. Donald Trump s’est autorisé un « La France n’est plus la France » certes très excessif, mais il ne faut pas croire qu’il soit seul à le penser. Ce n’est pas parce que les PDG d’Airbus ou LVMH continuent de faire de la propagande pour l’Union que cette communication va continuer d’être majoritaire. D’ailleurs, au niveau du luxe par exemple, la France a bien du mal à maintenir ses exportations, alors que, pourtant, la valeur de l’Euro a baissé. C’est l’image de marque de la France qui est touchée.

Alors, certains, qui bien souvent défendent leurs propres intérêts, cherchent à faire peur en disant que l’image de la France sera pire avec Marine comme présidente. L’argument est un peu court. Moi je la connais bien, et j’ai fait mon choix par rapport à l’Union Européenne : elle ne mène qu’au désastre, et aucun politicien européen n’a de solution contre cela, à part en terminer, comme le Royaume-Uni vient de le faire avec succès.

LE CDF : Le programme de Marine Le Pen apparaît toutefois pour beaucoup d’expatriés comme très « étatiste »…

D.F : Je ne vois aucun problème avec cela. D’abord ça veut dire quoi être « étatiste » vraiment ? Ce que nous devons avons tout nous demander c’est si nous sommes des patriotes ou non ? Concilier liberté et souveraineté est tout à fait possible (et nécessaire aujourd’hui). Outre la restauration de la monnaie nationale et son pilotage au service de notre commerce extérieur, Marine Le Pen défend la compétitivité des entreprises françaises et s’engage à les soulager des charges et lourdeurs qui pèsent sur elles en fusionnant l’ensemble des dispositifs d’allègement des charges sociales pour les salaires ; le nouveau dispositif allant jusqu’à trois fois le SMIC. Le Front national, légitimement, peut se réclamer du parti des entrepreneurs, avec la claire conscience que défendre nos entreprises, c’est défendre nos emplois et, donc, le pouvoir d’achat des Français. Une défense du pouvoir d’achat qui passe aussi par un allègement de la pression fiscale sur les classes moyennes, si maltraitées par les gouvernements Sarkozy et Hollande.

LE CDF : Comparé à Emmanuel Macron ou François Fillon… c’est quand même étatiste !

D.F : Cela va sans dire. La question du petit peuple, celui qui travaille, et qui permet aux entreprises de se créer a été snobé depuis 30 ans (minimum). Très souvent on se trompe en mettant en opposition le client, l’acheteur… et le travailleur (les esprits légers disent que la mondialisation c’est génial, car on peut acheter un produit de Chine, moins cher)… sauf que le client et le travailleur c’est la même personne. Pour acheter il faut avoir un salaire, donc un job ! La question de ce peuple, des « prolétaires » (pour faire du Mélanchon, mais en version sérieuse) c’est celle d’une future et terrible explosion au sein de notre société, puisque les gouvernements se sont refusés à sonder le peuple et à résoudre les problèmes. Macron, Hamon, Melanchon, Fillon, le pompon des « on » sont les rejetons des Sarkozy, Hollande, Mitterrand, Chirac. Donc oui, le programme de Marine Le Pen est sans aucun doute un programme de redressement national.

LE CDF : Comme il y a 5 ans, les principaux candidats font peu de déclaration à destination des millions de Français expatriés (hormis M. Mélanchon qui a déclaré vouloir les imposer) ?

D.F : Très peu de candidats ont une réelle connaissance de l’étranger, sinon, du moins, de Français vivant hors de France. On peut être un fin connaisseur en géopolitique, ça n’en fait pas une garantie pour savoir ce qui est bon pour les Français de l’étranger. C’est une vision globale que Marine propose. Elle a d’ailleurs le mois dernier fait une vidéo uniquement destinée aux Français de l’Etranger. Un programme uniquement centré sur nous autres, hors de France, va être distribué dans les jours qui viennent. Il sera question de la double nationalité (pour enfin balayer les doutes de certains, la CSG/RDS, l’école etc…). Marine s’attachera, je le sais car je la connais, à cette noble tache, avec le zèle le plus sincère, l’empressement le plus vrai.

LE CDF : Si Mme Le Pen est élue, quels seront ses rapports avec les Etat-Unis et le Canada ? Les Canadiens, y compris francophones, ne semblent pas lui avoir réservé le meilleur accueil lors de son voyage l’an passé ?

D.F : Vous confondez majorité partisane, politique et majorité idéologique. Lors de notre voyage au Canada l’année dernière nous avons eu un accueil glacial, non pas des gens que l’on rencontrait, mais des journalistes et des trublions envoyés par les hautes instances pour rechercher l’incident. Vous n’imaginez pas le nombre de personnes qui sont venus prendre une photo avec Marine, l’encourager etc… Non, le peuple est avec Marine c’est certain. Plus largement, Marine Le Pen a toujours été très claire sur la vision d’un monde multi-polaire et de travailler en collaboration fraternelle avec les nations.

LE CDF : Vous serez vous même candidat aux Législatives sur la circonscription USA-Canada, quels sont pour vous les priorités à mettre en œuvre pour les ressortissants français ?

D.F : Je ne trahirait personne en disant que les points importants seront évidement l’accroissement des pouvoirs et des moyens de la représentation des Français de l’étranger, l’éducation (Les établissements scolaires français à l’étranger dépendent principalement de l’AEFE et donc du Ministère des Affaires Étrangères (MAE). L’Education Nationale consacre presque 11.000€ par élève en France; quand L’AEFE en dépense seulement 1.500€ par élève établi à l’étranger. Depuis quelques années, les frais de scolarité, en hausse constante, constituent une charge insupportable). Les Français vivant à l’étranger ne sont pas non plus égaux devant le principe de déductibilité́ des charges. En dehors de l’Union européenne, les expatriés français qui sont imposés sur leurs revenus en France ne peuvent pas déduire, de leur revenu imposable certaines charges, liées par exemple au loyer d’un parent âgé ou d’un enfant étudiant demeurant en France, ou au versement d’une pension alimentaire, ou encore aux frais liés à la prise en charge d’une personne en situation de dépendance. Je n’accepte pas davantage ce type d’injustices pour nos compatriotes.

Mais si vous le permettez, j’espère que vous nous donnerez l’opportunité de développer tout cela avec vous après la Présidentielle, avec un volet « Législatives ».

LE CDF : Pas de problème. Avez-vous un mot de conclusion ?

D.F : Pour finir, ce qui est important vous savez, c’est de demander à nos compatriotes de faire un choix. De ne pas penser uniquement au court terme, ici en Amérique. Mais de penser à notre famille en France, à nos parents, à nos amis. Quand on « rentre en France » pour les vacances, que nous disent-ils ? Que tout va bien ? Et la retraite de nos grands-parents ? Et la sécurité de leurs enfants ? Si tout va bien, alors oui, continuons à voter pour les mêmes… Mais je sais, c’est ma conviction profonde, que les gens qui me lisent aujourd’hui savent, au fond d’eux-mêmes, que les choses ont bien changé. Nous nous endormons sur un volcan. Nous avons l’obligation de protéger celles et ceux qui sont en France, de leur donner une vie meilleure. Nous sommes privilégiés ici. Nous avons une carrière professionnelle intéressante, pleine d’énergie. Mais en France nos familles ont du mal à joindre les deux bouts. Il faut voter pour Marine.

Quelle idée a dominé les Fillon, les Macron etc ? Quelle idée a dicté leurs votes dans ces moments si graves ? Ils n’ont songé qu’à une seule chose : ôter à la France sa force pour la donner au désordre et à la subversion. L’organisation et l’acceptation de la faillite du pays depuis 30 ans a été l’œuvre de ces notables inquiets pour leurs privilèges et prêts à tout pour préserver la sécurité de leurs profits.

 



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