Terre d’Espérance : L’odyssée de l’horreur (4ème partie de notre roman historique sur l’arrivée des Français en Floride)

Terre d’Espérance : L’odyssée de l’horreur (4ème partie de notre roman historique sur l’arrivée des Français en Floride)

« L’odyssée de l’horreur« , c’est la 4ème partie de notre roman historique « Terre d’Espérance », sur les huguenots français partis à la conquête de la Floride.

– La 1ère partie est ici !

Jean-Paul Guis

Un texte original de Jean-Paul Guis, romancier historique

Le vaisseau battant pavillon anglais s’approchait lentement du brigantin qui se balançait mollement au gré des flots. Sur le pont du petit navire qui arborait les armoiries du royaume de France, aucun signe de vie. Des corps inertes gisaient çà et là, baignés par les faibles rayons d’un soleil hivernal. Dans le lointain se profilaient les côtes anglaises, battues par les flots de l’Atlantique Nord.

À la vue du formidable vaisseau de guerre de sa Gracieuse Majesté, les occupants du brigantin étaient sortis de leur torpeur. Quand les Anglais purent enfin détailler le bateau français à l’œil nu, ils réalisèrent que l’équipage était dans un état d’extrême misère physique. Le corps décharné, les marins étaient vêtus de lambeaux et une barbe sale leur dévorait le visage. Le gréement du navire en détresse avait aussi des allures curieuses. Les voiles semblaient être le résultat d’un assemblage de draps de lit et d’oripeaux et les cordages paraissaient tressés avec des lianes. Cet esquif avait tout l’air d’une embarcation de fortune.

Des grappins volèrent depuis le vaisseau anglais afin d’accoler les deux navires bord à bord. Cette opération terminée, une paire de matelots sauta sur le pont du brigantin. Figés d’effroi, ils regardèrent le cercle d’individus décharnés qui venait de se former autour d’eux. Celui des deux hommes qui paraissait être le chef se mit à dévisager avec curiosité un des spectres qui se tenait face à lui. Ce dernier lui paraissait curieusement familier.

– Capitaine Barré ? finit-il par laisser tomber après un long moment d’hésitation.

– Oui ? répondit le français d’un ton interrogateur.

– C’est moi, capitaine ! Louis le Gascon. Je me suis engagé à bord de ce vaisseau anglais après notre retour de Floride. J’ai quitté la France qui est déchiré par la guerre civile. Nos frères huguenots y sont sauvagement persécutés.

– Ah bon, rétorqua le fantôme d’une voix atone.

Soudain, Louis le Gascon venait de réaliser qu’il avait devant lui les débris de la garnison de Charlesfort.

*

La trentaine de défenseurs massée sur le quai de la forteresse de Charlesfort se remit fébrilement au travail dès que la flottille de Jean Ribaud eu disparu des regards. L’ouvrage devait impérativement être terminé afin de parer à toute attaque éventuelle. Les espagnols pouvaient surgir de l’horizon à tout moment et la petite colonie était entourée d’une multitude de tribus locales qui se révélaient loin d’être pacifiées. Une fois ces travaux terminés, le capitaine Albert, commandant de la place forte, entreprit de prendre contact avec les roitelets des peuplades environnantes. Les potentats voisins qui répondaient aux noms étranges de Mayon, Hoya, Touppa ou Stalame accueillirent chaleureusement les français qui leur offrirent des cadeaux sans compter. Flattés par de telles démonstrations d’amitiés, les indiens répondirent à leur tour par quantités de présents et invitèrent leurs hôtes à la grande fête de saison en l’honneur du dieu Toya. Poussant toujours plus avant, les explorateurs firent la connaissance d’autres peuples avec lesquels ils échangèrent toutes sortes de bimbeloterie et d’outils contre de la nourriture. Les bonnes relations avec les natifs de Floride étaient au mieux et la garnison envisageait l’avenir avec sérénité. Dans moins d’un an, Jean Ribault serait de retour avec une quantité importante de colons et de soldats. Charlesfort deviendrait alors le premier établissement permanent à l’extrême sud de la Nouvelle France. Les vœux de l’amiral de Coligny se trouveraient alors exaucés. Les huguenots auraient enfin un havre de paix et la France pourrait intercepter l’or espagnol des Amériques à partir d’une puissante base navale en bordure de la route des galions.

À suivre…

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