Miami : le Breton Gal Vallerius reconnaît être le trafiquant de drogue « Oxymonster »

Miami : le Breton Gal Vallerius reconnaît être le trafiquant de drogue « Oxymonster »

Gal Vallerius MiamiDE NOTRE ENVOYE SPECIAL A MIAMI / Gal Vallerius, le « Pablo Escobar du Dark Web », tel qu’il a été surnommé, a aujourd’hui admis être effectivement le trafiquant de drogue de « l’internet souterrain ». Reste désormais à connaître l’étendue réelle de son implication. Simple geek méconnaissant les lois ou réel trafiquant dangereux ?

Mardi 12 juin au matin, la chaleur estivale est déjà étouffante dans le centre de Miami ; bien plus que dans le petit village de Plusquellec (Côtes d’Armor) où le Franco-Israélien Gal Vallerius vivait discrètement, jusqu’à l’année dernière. Sa barbe rousse, partie non-négligeable de sa personnalité et de sa célébrité, est en harmonie avec l’uniforme marron qu’il n’est pas près de quitter (les photos n’étant pas autorisées dans les cours fédérales américaines, il vous faudra l’imaginer). Il porte comme tous les prisonniers américains les chaînes aux pieds et aux mains.

Gal Vallerius et son avocat : croquis d'audience du 12 juin par Robin Anezin.

Gal Vallerius et son avocat : croquis d’audience du 12 juin par Robin Anezin.

 

Le tribuanl fédéral est au premier plan sur l'image, dans le centre de Miami. Tant qu'ils ne sont pas condamnés, les prévenus sont emprisonnés dans le bâtiment juste derrière à gauche, et escortés entre les deux par les Marshall dans un sous-terrain.

Le tribunal fédéral est au premier plan sur l’image, dans le centre de Miami. Tant qu’ils ne sont pas condamnés, les prévenus sont emprisonnés dans le bâtiment juste derrière à gauche, et escortés entre les deux par les Marshall dans un sous-terrain.

Âgé de 35 ans, Gal Vallerius comparaissait ce jour devant le tribunal fédéral de Miami afin de changer son plaidoyer. Près de 10 mois après son interpellation à l’aéroport d’Atlanta, période durant laquelle il plaidait « non-coupable », il passe aujourd’hui à une stratégie de défense « coupable », ce qui lui permettra de négocier sa peine. Il risquait la prison à vie, mais il a négocié avant d’arriver à ce plaidé coupable : il encourt désormais seulement 20 ans de prison. Cette épée de Damoclès ne l’empêche pas d’arriver avec un grand sourire dont il ne se départira que peu souvent devant le juge Robert Scola ; plaisantant à de nombreuses reprises avec son avocat. Il a une stature toutefois un peu frêle et semble un peu ailleurs, légèrement vouté, comme quelqu’un qui aurait passé trop d’années renfermé sur son ordinateur. Vallerius est accompagné d’un interprète d’hébreu. Il porte une kippa et des tatouages sur les bras avec une croix gothique ornée d’une tête de mort : un mélange, là aussi, un peu étrange. Le juge interroge le parquet :

– Comment avez-vous su que c’était lui la tête du réseau ?

– C’était de notoriété publique

– De notoriété publique ? Vous voulez dire que vous avez tapé « Oxymonster » dans Yelp et qu’il est sorti en premier avec cinq étoiles ?

 

EN ROUTE POUR UN CONCOURS DE BARBE AU TEXAS

Gal Vallerius Miami

Photos publiques de Gal Vallerius sur internet.

L’histoire est cocasse, car Gal Vallerius avait été interpellé le 31 août à l’aéroport d’Atlanta (Géorgie) en escale depuis la France afin de précisément se rendre à un concours de barbe au Texas où il était inscrit dans la catégorie « 30 à 45 centimètres ». Sa femme Yasmin qui l’accompagnait avait pour sa part pu rentrer en Bretagne. Ce n’était pas le premier concours de Vallerius (il avait terminé 8ème mondial en 2015 en Autriche), mais cette fois, pour s’y rendre, il avait osé franchir la frontière américaine, ce qui semble au prime abord assez loufoque pour un trafiquant de drogue étranger (1). D’autant que, entre temps, il est indiqué dans les procédures que Gal Vallerius était « sous influence » (défoncé) lors de son interpellation ! Mais la « DEA » (police fédérale chargée du trafic de drogue) le présente depuis lors comme un dangereux criminel. L’enquête émanant des autorités de Miami, il y est alors transféré en prison. Entre temps, il entre dans une stratégie de défense étrange. Ses avocats contestent la validité de la fouille de son ordinateur par le DEA à l’aéroport d’Atlanta. Certes, c’est cette fouille seule qui permet de prouver qu’il est bien « Oxymonster », le trafiquant de la plateforme Dream Market. Et si la fouille était jugée illégale, les autorités américaines n’auraient plus aucune preuve contre lui. Néanmoins, cette procédure de défense semblait un peu désespérée, les autorités américaines ayant bien entendu le droit de fouiller tout citoyen étranger tentant d’entrer sur son territoire.

Son procès était programmé pour le 29 mai, mais la requête en illégalité de la fouille de son ordinateur a été rejetée quelques jours plus tôt. Gal Vallerius demandait alors immédiatement à changer son plaidoyer. Désormais… il est coupable.

Son comportement demeure tout de même un mystère : difficile de trouver un trafiquant de drogue moins discret !

Il lui est reproché d’être un des principaux animateurs de Dream Market, et pour cette raison de tomber sous l’accusation « d’associations de malfaiteurs dans le but de détenir et faire commerce de stupéfiants », entre 2013 et 2017. La somme de 500000$ en bitcoins (monnaie électronique) a été trouvée dans son ordinateur.

Dans la déclaration de plaidé coupable de ce 12 juin, il est précisé que Dream Market était bien « l’un des plus grands marchés criminels« .

– Le juge Robert Scola : Dans votre proposition de plaidoyer vous n’avez pas précisé dans quel pays vous souhaiteriez finir de purger votre peine si ça vous l’est accordé au bout de trois ans ?
– L’avocat de Vallerius : Il a trois nationalités : française, israélienne et bretonne. Il se réserve un temps de réflexion pour connaître les conditions d’incarcérations dans ces pays-là.
Le juge Scola prend un air intrigué : il vient de découvrir un nouveau pays !
Gal « Oxymonster » Vallerius est reparti avec le sourire. Le verdict lui sera communiqué le 25 septembre

(1) C’est aussi un peu loufoque pour un Israélo-breton d’aller essayer de gagner un concours de barbe dans l’Etat de ZZ Top : la concurrence est rude au Texas !

– LE COURRIER DE FLORIDE en collaboration avec ROBIN ANEZIN –

Un « baron de la drogue » Israélo-Breton arrêté à un concours de barbe aux Etats-Unis



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