Expatriation : la fin des contrats privilégiés ?

Expatriation : la fin des contrats privilégiés ?

Pendant des décennies les grandes entreprises internationales ont déroulé le tapis rouge à leurs salariés acceptant une expatriation à l’étranger mais, économies obligent, cette tendance est en pleine régression.

Expatriation contratsLes expatriés occidentaux ont aujourd’hui beaucoup de mal à obtenir des contrats généreux lorsqu’ils partent à l’étranger. Salaire élevé, prime d’expatriation, formation d’intégration, service d’accompagnent, voiture et logement de fonction, bourse scolaire, voyage annuel… dans ces conditions, un expatrié coûte le double voire le triple d’un salarié resté dans son pays d’origine. Les multinationales privilégient dorénavant les expatriations « light » (contrat local ou local +) et même une main d’œuvre locale de plus en plus qualifiée afin de limiter les coûts au maximum. Désormais, les entreprises n’envoient à l’étranger que les compétences qu’elles ne peuvent pas trouver localement et elles doivent juger leur départ réellement indispensable.

La diminution des contrats d’expatriés est notamment perçue dans les pays asiatiques et au Moyen-Orient. En Asie, la valeur du « package » d’expatriés est en baisse de 6 % selon une étude de « Singapore Business Review », et la concurrence salariale des pays émergeants tels que la chine ou l’Inde est de plus en plus rude pour les occidentaux. En Arabie Saoudite, c’est une autre histoire. Dans le cadre d’un programme de diversification de l’économie lancé l’an dernier (Vision 2030), le gouvernement veut réduire sa dépendance aux expatriés. Depuis le 1er juillet 2017, il prélève un impôt sur les travailleurs étrangers ayant des personnes à charge (25 euros par mois). Il prévoit également d’alourdir l’imposition des entreprises qui font davantage appel à des étrangers qu’à des Saoudiens. Au Koweït, un dispositif visant à augmenter (jusqu’à 500 %) le prix des soins de santé pour les expatriés a été adopté. Et d’autres pays du Golfe ont cherché à introduire des taxes sur les transferts d’argent de la part des expatriés.

Aux Etats-Unis l’idée de restreindre les conditions d’entrée sur le territoire fait également son chemin. Le président Trump a signé au printemps dernier un décret prévoyant, entre autre, une restriction des visas délivrés aux travailleurs étrangers souhaitant s’installer temporairement aux Etats-Unis, avec par exemple un durcissant des conditions d’obtention du visa H1-B très prisé dans le monde de la « tech » américaine. Le décret indique également la création d’un processus unique de contrôle des personnes entrant aux Etats-Unis.

Malgré ces barrières, l’expatriation attire toujours de nombreux salariés de tous âges et le nombre d’expatriés est en augmentation continue. Les Etats-Unis, la Suisse et le Royaume-Uni sont les pays les plus attractifs et qui abritent le plus d’expatriés français. Le Canada et l’Australie sont, quant à eux, très à la mode ces dernières années. Mais les statuts changent et les entreprises privilégient de plus en plus les détachements avec mission à durée déterminée avec des contrats beaucoup moins lucratifs ou tout simplement les contrats locaux.

L’heure est donc toujours à l’internationalisation du business… mais aussi aux économies !

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