Jeb Bush officiellement candidat à la Maison Blanche

Discours de Jeb Bush à Miami le 15 juin 2015

Discours de Jeb Bush à Miami le 15 juin 2015

Un très grand moment dans la course à la présidence des Etats-Unis vient de se dérouler lundi 15 juin à Miami : Jeb Bush, le fils et frère des présidents Bush, s’est déclaré candidat à la primaire républicaine. Il est l’un des favoris de l’élection avec Hillary Clinton.

Depuis le départ de son frère George « W » de la Maison-Blanche, son nom revenait régulièrement dans les préférences des électeurs Républicains… mais il n’avait jamais franchi le pas. Depuis des mois, néanmoins, il ne démentait plus son intérêt pour l’élection suprême. Ses « PAC » amassaient des millions, et il avait même récemment – à l’instar du président François Hollande durant sa campagne présidentielle – lui aussi entamé un régime drastique. Et cette fois c’est fait, l’ancien gouverneur Jeb Bush vient d’annoncer au campus Kendall du Miami Dade College devant une foule en liesse, de nombreux élus floridiens, et sa propre mère, l’ancienne first lady Barbara Bush, qu’il serait candidat à la succession de Barack Obama (qui arrive au terme de son deuxième mandat)*.

« Miami est un endroit magnifique pour une campagne qui démarre AUJOURD’HUI« , a déclaré M. Bush en introduction. Il ne veut plus « du même agenda même s’il porte un autre nom. Nous savons tous que l’Amérique mérite mieux. Leur agenda progressiste incluait tout sauf le progrès« , a-t-il dit avant de longuement critiquer le bilan Obama-Clinton, notamment en matière de politique internationale, face à L’Etat Islamique. « Notre pays est sur un très mauvais cap. Qu’allons-nous faire contre ça ? Ma réponse est que je suis candidat à la présidence des Etats-Unis. » Le candidat bush a annoncé qu’il comptait créer 19 millions d’emplois durant sa présidence, une annonce surprenante (même si le Washington Post avait déjà eu vent il y a deux jours de cette annonce). Jeb Bush a rappelé sa volonté d’être aux côtés d’Israël et a assuré que si un président américain devait aller à Cuba, ce ne serait pas pour supporter des dictateurs, mais « des Cubains libres. Et je serai ce président.« 

Cet « announcement » à Miami était très tourné vers la communauté latino, élément déterminant de cette future élection. L’intervention de « Jeb » était précédée par des discours en espagnol, y compris de son propre fils, et il a beaucoup parlé de la chance que constituait l’immigration pour les Etats-Unis, un discours qui tranche avec celui d’autres candidats républicains.

LA CAMPAGNE VIENT DE (VRAIMENT) DEMARRER

S’il est resté relativement silencieux ces dernières années, Jeb Bush devrait mener une campagne à grande vitesse durant les deux prochaines semaines, afin de marquer la différence d’avec ses adversaires du camp républicain. Juste avant sa déclaration de campagne, Jeb Bush venait d’être dépassé dans certains sondages sur cette primaire par Marco Rubio et Scott Walker. Mais les sondés sont pour le moment partagés entre 16 candidats, et il en restera bien moins dans quelques mois. Mais face à cette concurrence, Jeb Bush est entré en campagne électorale une semaine avant cette déclaration de candidature, tenant un discours militariste très musclé le 9 juin dernier. Lors d’une conférence économique à Berlin le 9 juin, il a critiqué l’administration Obama en assurant que les Etats-Unis n’étaient plus assez présents sur la scène politique européenne, laissant le leadership à François Hollande et Angela Merkel dans les négociations avec le président russe, notamment au sujet de la question ukrainienne. « Poutine doit savoir qu’il y aura des conséquences à ses actions« , a prévenu Jeb Bush, demandant un renforcement des sanctions contre le président russe.

Jeb 2016

Le slogan est… court, et le nom du candidat a été… oublié !

Les primaires se dérouleront dans la première moitié de l’année 2016. Jeb Bush est le 3ème candidat de Floride pour cette primaire républicaine, son ex-protégé Marco Rubio s’étant lui aussi déclaré il y a quelques semaines (et il y a aussi le pasteur anti-islam Terry Jones… dont la candidature est très folklorique). Certains électeurs rêvent (ou redoutent) une revanche de l’élection Clinton-Bush, qui renvoie à une époque où l’Amérique n’avait connu ni la crise, ni les attentats et les enlisement militaires en Irak ou en Afghanistan. Mais, justement, ni M. Bush, ni Mme Clinton ne semblent vouloir beaucoup miser sur leur nom en ce début de campagne, mais plutôt sur leurs prénoms. Le côté dynastique de cette élection qui se profile n’aura cependant pas échappé à beaucoup d’électeurs.

Le 14 juin, la veille de sa déclaration de candidature, Jeb Bush dévoilait sa première vidéo de campagne intitulée « faire la différence« . Comme Hillary, il a fait témoigner des américains de la middle class, mais de manière plus directe, sur les bénéfices de son action en tant que gouverneur de Floride.

 

UNE FAMILLE DE PRESIDENTS

La famille de George H. W. Bush au début des années 1960 : au premier plan Neil, Marvin et Jeb Bush et au second plan, Doro (dans les bras de) George W., Barbara et George H.

La famille de George H. W. Bush au début des années 1960 : au premier plan Neil, Marvin et Jeb Bush et au second plan, Doro (dans les bras de) George W., Barbara et George H. (Photo : National Archives and Records Administration – Domaine Public).

John Ellis Bush, est né le 11 février 1953 à Midland au Texas, fief de la famille Bush, mais c’est en Floride, entre 1999 et 2007, qu’il a exercé à son mandat le plus important en tant que gouverneur de l’Etat. Depuis lors, il était plutôt discret sur la scène politique.

Egalement membres du Parti Républicain, son père George « H.W » Bush fut président des Etats-Unis de 1989 à 1993, et son frère George « W » Bush fut à son tour locataire de la Maison-Blanche entre 2001 et 2009.

Le mariage de Jeb Bush avec la ressortissante mexicaine Columba Garnica Gallo est souvent mis en avant, ce qui n’est pas rien aux Etats-Unis où le vote des minorités est devenu fondamental. Il a par le passé soutenu des positions assez conservatrices, mais s’est (certainement en vue de cette élection) donné une image plus modérée et centriste. Sa ligne « pro-business » est assez similaire aux deux précédents candidats républicains (Mc Cain et Romney), ce qui ne leur a pas porté chance. Les propositions sociales du candidat Obama (que ne manquera pas de reproduire le ou la candidat(e) Démocrate) ayant convaincu une majorité d’électeurs américains, préférant une intervention de l’Etat à une plus grande libéralisation.

Evidemment, Jeb Bush bénéficie des réseaux militants et de financement de son père et de son frère, qui ont toujours connu une grande popularité au Parti Républicain.

Certes, les Démocrates ont perdu les élections de mi-mandat l’an passé, mais la plupart des observateurs pensent que cela ne signifie pas un changement affectif des électeurs. Mais la personnalité et la campagne électorale du (ou de la) candidat(e) Démocrate comptera aussi beaucoup dans le résultat final, les Américains étant très pragmatiques.


* PAC : Political Action Committee : ils servent à collecter les fonds pour les campagnes électorales.

** Les présidents américains ne peuvent pas faire plus de deux mandats d’affilée.

– Voir aussi : La liste des candidats à la Maison-Blanche


Rick perry

Rick Perry (U.S. Air Force photo by Civ. Sandy Wassenmiller)

 

RICK PERRY EGALEMENT CANDIDAT

L’ancien gouverneur conservateur du Texas Rick Perry, ancien gouverneur du Texas, a annoncé le 4 juin qu’il allait lui aussi briguer l’investiture républicaine lors de la primaire. Il avait déjà tenté sa chance en 2012, mais avait du renoncer après un grand nombre de gaffes.

www.rickperry.org

 



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