Un américain sur trois consomme de la pornographie chaque mois… et ça pose problème

Un américain sur trois consomme de la pornographie chaque mois… et ça pose problème

La surconsommation de pornographie depuis quelques années devient un phénomène de société. Et les gouvernements commencent à réfléchir aux problèmes qui vont avec, tout comme les médias américains (qui sont les premiers concernés).

La pornographie fait son apparition en couverture de Time Magazine du 11 avril 2016.

La pornographie fait son apparition en couverture de Time Magazine du 11 avril 2016.

Depuis l’arrivée de la pornographie en tant que mass média durant la deuxième moitié du XXème siècle, il y avait trois camps : les fans, ceux qui s’en fichent, et les moralistes, hostiles, qui étaient minoritaires. La liberté d’expression devait primer pour ce qui était majoritairement considéré comme une distraction ludique (et un bon moyen de gagner de l’argent pour les Californiens). Oui mais voilà… aux Etats-Unis, quand un problème fait la couverture de Time magazine, c’est que quelque chose ne va plus. Cette fois, ce ne sont plus les moralistes et les religions qui s’opposent à la pornographie, mais d’anciens consommateurs, et des « actrices » abusées. Time a traité le problème (dans son édition du 11 avril 2016) en deux volets : « Comment le porno menace la virilité« , qui était sous-titré par un : « La première génération d’hommes ayant grandi avec la pornographie illimitée (sur internet, donc, NDLR) raconte ses problèmes mécaniques et de libido ». Et le deuxième dossier était : « La description pornographique sexy d’agressions sexuelles a des effets troublants sur les adolescentes.« 

La généralisation de la consommation de pornographie en accès illimité est bien évidemment l’élément déclencheur de ce qui semble aujourd’hui devenir un gros problème de société, même si les études n’en sont encore qu’à leurs balbutiements. Aux Etats-Unis, ce sont 107 millions de personnes qui vont chaque mois sur des sites internet pornographiques : un habitant sur trois du pays, et près de 40% de tous les internautes. Ce qui signifie que beaucoup plus de la moitié des hommes du pays y ont régulièrement recours. D’ailleurs, le jour de l’année où la consommation mondiale de « porn » est toujours la plus basse… c’est pour Thanksgiving… c’est dire la part de marché que constitue les Etats-Unis !

Les deux problèmes ainsi montrés du doigt par Time sont d’une part l’addiction, de plus en plus souvent comparée à une vraie drogue, et de l’autre la manière dont les jeunes femmes sont traitées. Il y a bien entendu les « professionnelles » (souvent des adolescentes jetées du marché après quelques semaines de tournage) et des problèmes sanitaires (maladies), de sécurité (agressions), mais aussi de réputation : des jeunes femmes de plus en plus nombreuses sont attirées par l’argent et par un « plan de carrière » très éphémère (voir article Hot Girls Wanted). Certains ont décidé de traiter immédiatement le problème dans son ensemble, comme le parlement de l’Utah qui a voté à l’unanimité une résolution pour que la pornographie soit traitée comme une « crise de santé publique ». Moins drastiques sont les mesures prises par le gouvernement britannique, mais tout de même : après avoir demandé aux fournisseurs d’internet d’avoir un filtre obligatoire pour tout internaute (que le « surfeur » peut ensuite enlever), en février le gouvernement Cameron a cette fois débuté la mise en place d’un processus visant à obliger les sites pornographiques à vérifier l’âge de leurs clients sous peine de se retrouver à l’amende. Il faut dire que la première exposition à la pornographie chez les adolescents des pays occidentaux se fait désormais dès l’âge de 11 à 13 ans…

La politique pourrait ainsi dans les années qui viennent « limiter l’illimité », et la pornographie ne plus être considérée comme une production culturelle comme une autre.

Elle est ainsi devenue extrêmement populaire, influençant les comportements sexuels et sociaux. En France par exemple, selon l’institut de sondage IFOP, un adulte sur dix aurait déjà filmé ses ébats sexuels, et même un jeune sur six (et le jeu s’avère dangereux pour un nombre croissant de jeunes dont les vidéos se retrouvent ensuite sur internet à la vue de tous). Le « porn » suscite dans le même temps de plus en plus de craintes. Aux Etats-Unis, 20% des hommes souhaitent que la pornographie soit totalement interdite à tous, et 35% des femmes partagent cet avis (selon un sondage mentionné par Time).

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