New Hampshire : Trump et Sanders écrasent Cruz, Clinton et la Primaire américaine

New Hampshire : Trump et Sanders écrasent Cruz, Clinton et la Primaire américaine

La favorite Hillary Clinton a concédé une large défaite lors de la Primaire du New Hampshire mardi 9 février, annoncée en cours de soirée à 20% derrière son opposant Démocrate Bernie Sanders. Chez les Républicains, le rouleau-compresseur Trump a largement pris les devants avec un score deux fois plus important que John Kasich arrivé deuxième. Trump et Sanders étaient certes pronostiqués vainqueurs de leurs primaires respectives, mais le New-Hampshire a tout de même réservé plusieurs surprises.

Les résultats du New Hampshire étaient attendus avec impatience par les Américains, et avec angoisse par les candidats, car il était très difficile d’en prédire les résultats… qui seront déterminants pour l’avenir. Les urnes ont confirmé les sondages pour les leaders, mais pour eux seulement.

HILLARY LARGEMENT DISTANCEE CHEZ LES DEMOCRATES

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(crédit photo : page Facebook de Bernie Sanders)

Le sénateur socialiste Bernie Sanders était donné vainqueur de cette Primaire Démocrate depuis longtemps par tous les instituts de sondages. La question était de savoir à quel point Hillary Clinton allait limiter la casse, puisque la tendance donnée par les sondages lui est défavorable depuis des mois. Elle descend, Sanders monte, et son score (quasi a égalité) dans l’Iowa devait être compensé dans le New Hampshire. C’est un pari raté pour Hillary Clinton qui devrait terminer près de 20 points derrière Sanders (tendance à 22h mardi). Mme Clinton devrait toutefois gagner à l’avenir des primaires comme celle de la Caroline du Sud (27 février) où les votes de la communauté noire sont particulièrement acquis à l’ex-Première Dame. A l’inverse, Bernie Sanders comptait bien sur les résultats des deux premiers caucus pour se faire connaître un peu plus des autres Etats, justement comme la Caroline du Sud, et cette victoire de Bernie Sanders devrait lui apporter un regain de popularité qui pourrait avoir des conséquences. Hillary Clinton reproduit ainsi ce qui s’était passé il y a 8 ans : dominant les sondages au niveau national, elle s’était fait battre Etat après Etat par un jeune sénateur alors quasi-inconnu (Barack Obama). Comme Donald Trump, Bernie Sanders appuie sur sa radicalité, n’hésitant pas ainsi à se définir comme « socialiste » (une première aux Etats-Unis) et à parler de « Révolution ».

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« C’est le début d’une révolution politique »

Tous les candidats avaient misé gros sur le New Hampshire, mais surtout les outsiders qui y voyaient l’occasion de revenir dans le jeu. Certains avaient ainsi focalisé l’essentiel de leur campagne sur cet Etat. C’était le cas de Bernie Sanders qui avait plus travaillé ici que lors de la précédente élection (Iowa). Concédant sa défaite dans la soirée de mardi, Hillary Clinton s’est engagée à « combattre Wall Street« , cherchant ainsi à se rapprocher de la ligne très à gauche de son concurrent Bernie Sanders. Ce dernier, 74 ans, a provoqué en annonçant sa victoire la liesse des milliers de jeunes supporters qui le suivent partout, remerciant ses militants qui se battent « face à l’argent des superpacs » (les associations de financement massif des autres candidats). « Les Américains n’accepteront plus une loi de financement électoral corrompue« , a-t-il clamé. Avant de tenir un discours très socialiste, contre « les 1% de riches qui détiennent autant de richesses que les 50% les plus pauvres de ce pays » (…) « C’est le début  d’une révolution politique ! » En tout cas c’est une révolution dans les campagnes électorales américaines !

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Hillary Clinton réalise de nouveau un mauvais départ de campagne (crédit photo : Facebook d’Hillary Clinton)

 

GRANDE VICTOIRE DE TRUMP, MAIS…

Jeb Bush a mieux réussi dans le New Hampshire, mais ce sera tout de même difficile pour lui (crédit photo : Facebook de Jeb Bush).

Jeb Bush a mieux réussi dans le New Hampshire, mais ce sera tout de même difficile pour lui (crédit photo : Facebook de Jeb Bush).

Donald Trump (arrivé 2ème dans l’Iowa) confirme enfin les sondages : cette fois il gagne largement la Primaire Républicaine du New Hampshire avec plus de 30% des voix, et a prouvé qu’il pouvait déplacer ses supporters vers les isoloirs, et pas seulement sur Facebook. Les opposants de Trump doivent tous être déçus après cette élection. John Kasich et Jeb Bush avaient tout misé sur cet Etat pour se relancer. Opération réussie. Plus ou moins. John Kasich est second, mais ça devrait toutefois être difficile pour lui de continuer longtemps cette campagne : il n’est pas pronostiqué à ce niveau dans beaucoup d’Etats. Et Jeb Bush n’a pas réussi à distancer son concurrent direct Marco Rubio. Ted Cruz qui avait gagné l’Iowa est comme prévu tombé beaucoup plus bas : le New Hampshire compte moins d’électeurs Chrétiens Evangéliques que l’Iowa. Marco Rubio a pour sa part un score deux fois moins élevé qu’en Iowa, ce qui n’est pas non plus suffisant pour assurer son avenir. Il faut préciser que le jeune floridien a entre-temps perdu des plumes lors du débat républicain où ses opposants Bush et Christie se sont servis de lui comme punching-ball.

Ted Cruz.

Ted Cruz. (crédit photo : page Facebook de Ted Cruz)

Donc il y a eu beaucoup de déceptions chez les outsiders républicains, sans parler de Chris Christie, Carly Fiorina ou Ben Carson qui font les plus mauvais scores et ont dû passer une mauvaise soirée. Mais le grand « winner » Donald J. Trump a également dû faire des calculs qui ne lui auront pas fait très plaisir : Pour la première fois depuis le début de la campagne, le cumul des scores des « candidats de l’establishment », dépasse celui des « candidats en colère » (Trump + Cruz + Carson). Le jour où les candidats se seront mis d’accord sur un nom pour battre Trump, si la tendance reste la même, alors le milliardaire new-yorkais serait battu. Reste à savoir quel nom… et les outsiders ne devraient pas pouvoir se départager très rapidement.

Néanmoins, le score de Donald Trump est tout de même très élevé, et il s’agit de sa première victoire, qui n’est donc pas à prendre à la légère. D’autant qu’il y a quelques mois encore, une bonne partie des Etats-Unis (et de la planète) pensait que la candidature Trump ressemblait plus à une plaisanterie qu’à autre chose. L’Amérique est en colère, et elle l’a signifié à la fois par ce le vote Trump chez les Républicains, et par le vote Sanders chez les Démocrates.

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Le sénateur de Floride Marco Rubio (photo : Facebook de Marco Rubio).

Le New Hampshire a ainsi réservé quelques surprises. Les candidats avaient beaucoup misé sur ce résultat, à commencer par Jeb Bush qui y avait consacré d’importants moyens militants et financiers. Le New Hampshire était pour lui l’ultime possibilité de s’inviter au premier plan des débats. John Kasich, Chris Christie ou Carlie Fiorina avaient également labouré le New Hampshire de long en large. Et même Donald Trump, à la baisse dans les sondages (qu’il domine toujours au niveau national), était descendu des estrades sur lesquelles il harangue habituellement des foules immenses, pour tenir une petite réunion dans le hall d’une mairie : il n’y avait pas de petit profit dans le New Hampshire.

Terminons sur la déclaration de victoire modeste de Donald Trump : « Je serai le plus grand président que Dieu ait jamais créé.« 

Mise à jour le 10 février : Carly Fiorina et Chris Christie ont jeté l’éponge au lendemain de l’élection du New Hampshire : il y aura donc un peu moins d’émiettement des votes lors des prochaines primaires du Parti Républicain.

 

Michael Bloomberg Ombrage la Primaire

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(crédit photo : Facebook de Michael Bloomberg)

Le milliardaire, ex-maire de New-York, et fondateur du média d’analyse économique qui porte son nom, a confirmé la veille (8 février) du New Hampshire, qu’il réfléchissait à se lancer en candidat indépendant dans la course à la Maison-Blanche. «Je trouve que le niveau des discours et du débat est douloureusement banal, et que c’est un affront et une insulte aux électeurs», a-t-il déclaré. Proche des milieux financiers de Wall Street, Michael Bloomberg a été Démocrate avant de choisir le Parti Républicain afin de gagner la mairie de New-York. Il l’a ensuite quitté. Populaire lorsqu’il était à la mairie, Bloomberg est courroucé depuis quelques temps à la fois par la popularité de Donald Trump et de Bernie Sanders mais aussi par le manque de punch de la campagne de Mme Clinton. Si Trump s’impose comme le candidat des Républicains, alors la candidature de Michael Bloomberg pourrait advenir. Et si Hillary Clinton est mise à mal par Bernie Sanders, alors ça deviendra plus que certain pour Bloomberg que sa candidature s’impose.

Les candidats indépendants ne font pas de grands scores aux Etats-Unis, souvent faute de moyens. Mais selon le magazine Forbes, Michael Bloomberg est la 10ème fortune mondiale, avec 40,2 milliards de dollars. De quoi changer la règle du jeu, même face à un Donald Trump qui ferait alors figure de « pauvre » (72ème fortune mondiale selon Forbes, avec 4.5 milliards) !

 

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9 comments

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  1. Edouard De La Royère
    Edouard De La Royère 10 février, 2016, 06:27

    Affirmation archi fausse: « les 1% de riches qui détiennent autant de richesses que les 50% les plus pauvres de ce pays». La réalité ces 62 personnes qui détiennent autant de richesses que les 50% les plus pauvres. Donc ce n’est pas 1% mais 0,00003% !

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  2. Edouard De La Royère
    Edouard De La Royère 10 février, 2016, 06:19

    Mme Clinton n’a pas encore compris où est son problème. Elle pense pouvoir gagner grâce à une communication massive et grâce à un monceau de fric déversé par des lobbies surpuissants qui bloquent tout changement. Elle se trompe, car les électeurs savent maintenant qui elle est vraiment! Elle n’est pas sincère et essentiellement motivée par un arrivisme et une ambition démesurée. Il suffit pour s’en convaincre d’aller voir sur youtube comment elle se comporte avec les sans dents… Mme Clinton défend l’oligarchie en place et n’entend pas réformer le pays pour réduire les inégalités scandaleuses. Tout ça, les électeurs l’ont bien compris.

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  3. balibalo
    balibalo 10 février, 2016, 05:56

    Mme Clinton n’a pas encore compris où est son problème. Elle pense pouvoir gagner grâce à une communication massive et grâce à un monceau de fric déversé par des lobbies surpuissants qui bloquent tout changement. Elle se trompe, car les électeurs savent maintenant qui elle est vraiment! Elle n’est pas sincère et essentiellement motivée par un arrivisme et une ambition démesurée. Il suffit pour s’en convaincre d’aller voir sur youtube comment elle se comporte avec les sans dents… Mme Clinton défend l’oligarchie en place et n’entend pas réformer le pays pour réduire les inégalités scandaleuses. Tout ça, les électeurs l’ont bien compris.

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